dimanche 31 juillet 2011

Kookaburra tome 3

Troisième volet de la série de BD space-opera Kookaburra dont j'ai déjà critiqué deux tomes.

Résumé :
Le chevalier-sorcier Kubilaï Khaa, aidé par le space-sniper Dragan Preko et un petit groupe d'humains, a pu récupérer ses dagues sacrées sur Dragonna, au nez et à la barbe des Dakoïds, ce qui ne gâche rien. Hélas, l'un d'entre eux a réussi à s'infiltrer dans leur vaisseau lorsqu'ils se sont échappés. A présent qu'ils sont à bord d'un vaisseau de guerre de l'Alliance, le Dakoïd s'en prend aux gardes isolés qu'il élimine. Fâcheuse menace alors que le célèbre généralissime Brian North est sur le point d'arriver à bord... à tel point que Dragan va devoir devenir son garde du corps ! La flotte de Callystès, suivie par la cathédrale des Sorcières Wombats, se dirige vers le système Ragnarok où aura lieu la confrontation avec la flotte de l'Alliance dirigée par le généralissime North. Ses commandants sont inquiets. L'impératrice a-t-elle raison de vouloir livrer bataille en situation d'infériorité numérique ?

L'intrigue développée dans les deux tomes précédents se précise. On sait à présent que les protagonistes recherchent cinq "enfants-dieux" annoncés par une mystérieuse prophétie captée par toutes les factions de l'univers connu. Le personnage de l'impératrice de Callystès, mère de l'un de ces enfants, apparaît de plus en plus comme l'un des antagonistes principaux. Les raisons précises pour lesquelles ces "enfants-dieux" sont si précieux restent encore mystérieuses, mais il semblerait qu'ils disposent de pouvoirs surnaturels à même d'inverser les rapports de force dans la galaxie.

Un bon space-opera n'est jamais gâché par des traits d'humour. Ici, sans que l'on en trouve un à chaque page, cela n'en manque pas. Les citations, aussi, vont bon train. Entre l'Incaliverse, Alien et La Stratégie Ender, l'auteur montre qu'il connaît ses classiques et qu'il ne se limite pas à la BD...

Une série qui garde par conséquent tout son intérêt sur la durée, même si cet album, par rapport aux précédents, m'apparaît tout de même un peu moins tonique.

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Sa Majesté des Clones

J'aime beaucoup le Sa Majesté des Mouches de William Golding. Pour les ceusses qui ne connaîtraient pas, outre "honte à vous", il me faut dire qu'il s'agit d'un roman souvent considéré comme étant à destination du jeune public alors que ce n'est pas tout à fait vrai. Imaginez que pendant un conflit militaire (peut-être la Seconde Guerre Mondiale, à moins que ce ne soit la Troisième), un avion chargé de jeunes passagers anglais s'écrase sur une île déserte. Lorsque les rescapés se rassemblent, c'est pour découvrir qu'il n'y a plus d'adultes. Vous êtes-vous déjà demandé ce qu'il se passerait si vous laissiez à eux-mêmes quelques dizaines de garçons âgés de six à treize ans ? Lisez Sa Majesté des Mouches et vous aurez une idée de ce que pourrait arriver. Entre les tentatives pour construire un noyau de civilisation et les peurs de l'enfance qui semblent se concrétiser quand la nuit tombe sur l'île, voilà que les jeunes survivants hésitent dans la zone grise qui sépare l'humain de l'inhumain. Certains n'y survivront pas. Il s'agit d'un roman très pessimiste sur la nature humaine, et l'un des rares accessibles au jeune public à retirer peu à peu toute forme d'innocence à ses jeunes personnages. Sans trop de surprise, l'oeuvre à sa sortie déplut à bon nombre de directeurs de conscience critiques. Sans trop de surprise non plus, on la reconnaît de nos jours comme un classique de la littérature mondiale.

Jean-Pierre Hubert nous propose ici, en quelque sorte, une réécriture dans un contexte space-opera de Sa Majesté des Mouches. Et ça ne manque pas... de piquant.

Résumé :
L'espèce humaine prospère sur la périphérie de l'ancien empire des Zarks, une civilisation extraterrestre disparue depuis des millions d'années. Au centre du dominion disparu, les Arachnos (des extraterrestres ressemblant à des araignées géantes, comme leur nom l'indique) ont récupéré la majeure partie des ressources scientifiques des Zarks. Terriens et Arachnos, dans l'incapacité de se comprendre, se font la guerre. Dans le système de Gemini, une station-école est assaillie par un croiseur Arachno. Seule une vingtaine d'enfants parviennent à s'échapper à bord d'une navette... et s'écrasent alors sur une planète mystérieuse, dont le climat les prive bientôt de tout espoir d'appeler au secours. Des dissensions apparaissent bientôt entre les jeunes naufragés... Vont-ils pouvoir survivre ? Sont-ils seuls ?
La parenté entre ce roman et son illustre prédécesseur est assumée jusque dans le titre. La structure de l'oeuvre, le choix de certains noms, et même deux phrases de citation (une au début et une à la fin de l'oeuvre, le prologue et l'épilogue étant non compris) s'inspirent aussi de Sa Majesté des Mouches. Les connaisseurs de l'oeuvre de Golding seront donc en terrain connu. Les morts ne manquent pas dans cette histoire, même s'il n'y en a pas tant et même si les assassinats n'ont pas cette espèce de ritualité pour le moins effrayante de l'oeuvre originale.

Jean-Pierre Hubert fait en effet le choix de mettre de côté les concepts d'ordre spirituel qui transparaissent, dans l'oeuvre de Golding, à travers les fantasmes cauchemardesques des jeunes personnages. Il faut bien dire que les Arachnos constituent, en soi, une belle façon de cauchemarder sans avoir besoin d'en recourir à des fantômes et autres "bêtes". Le retournement final (avant épilogue) est d'ailleurs très, très bien trouvé, une belle réinterprétation - dans ce contexte angoissant - de la scène finale de Sa Majesté des Mouches. Moins convaincantes, à la limite, sont les scènes décrites dans le prologue et l'épilogue, passages sans équivalents dans l'oeuvre initiale. Mais ce n'est pas assez pour faire de ce livre un mauvais livre.

En fin de compte, un roman fort intéressant, qui se dévore en même pas deux heures, à mettre entre toutes les mains... même si je recommande d'avoir lu celui de Golding au préalable.

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La Saison des Singes

Un space-opera signé Sylvie Denis, auteure que j'ai croisée le jour où j'ai rencontré Roland C. Wagner à la Librairie Scylla, sans pour autant faire l'acquisition de l'un de ses livres. Celui-ci, j'ai décidé un peu plus tard de me lancer dedans - SSWEV oblige...
Résumé :
En cette époque future, l'espèce humaine s'est implantée dans plusieurs systèmes stellaires de la banlieue terrestre. Les voyages transdimensionnels sont assurés par les "grands modifiés", associations coalescentes d'êtres humains qui forment des vaisseaux spatiaux gigantesques et intelligents. Kiris T. Kiris est une biogénéticienne de génie doublée d'une psychopathe. Elle est pourchassée par l'Office de la Charte en raison de ses crimes. Capturée à bord de l'Abondant, un "grand modifié" rempli de passagers, elle parvient à prendre le contrôle du vaisseau, lequel s'écrase alors sur un monde non encore colonisé. Il se trouve que, pour une raison inconnue, les autres "grands modifiés" se tiennent à l'écart de cette planète. Kiris T. Kiris va-t-elle pouvoir mettre en oeuvre ses sinistres projets ? Dans quelles conditions les autres rescapés de l'Abondant vont-ils pouvoir survivre ?
Une rapide requête sur Wikipédia (je cherchais une bibliographie) m'apprend que "Sylvie Denis [...] est considérée par beaucoup comme la grande dame de la science-fiction française". Je suppose que c'est fondé dans la mesure où aucun wikicontributeur n'a collé l'infamant tag "non neutre" en exposant, pas plus que le décevant "référence ?". On admettra donc les états de service de la dame, et on jugera par conséquent son livre et non son oeuvre (que de toute façon je ne connais pas du tout). Livre qui fleure bon le space-opera contemporain, c'est-à-dire, le space-opera dans lequel on trouve de vrais morceaux d'ingénierie biologique, de nanotechnologie et même de cyberpunk. J'ai envie de dire que l'auteure a lu Hypérion, le space-opera qui a relancé le genre après Star Wars (et que tiens, je crois bien que je vais me le relire pendant l'Eté... ça compte pour le challenge, Lhisbei ?)

Il ne manque pas grand-chose, ici, pour faire un space-opera d'envergure. Il y a tout d'abord un univers morcelé où les "simples humains" ne constituent qu'une faction mineure. Tout en haut de l'échelle, se trouvent les "grands modifiés", ces descendants des premiers explorateurs des étoiles, partis dans l'espace profond pour inventer de nouvelles solutions - à commencer par des solutions d'ordre social. Il est remarquable que le livre se termine par une "Déclaration des droits des hommes libres et singuliers", donnant alors tout son sens au titre et au terme "singe" repris à maintes reprises dans le texte. Pour l'auteure, l'univers qu'elle décrit est celui où l'humanité se trouve sur le seuil d'une évolution majeure, comparable sans doute à celle au cours de laquelle notre lignée s'est trouvée séparée une bonne fois pour toutes de celles des autres primates... Une évolution qui se trouve mise en abyme par l'histoire (plus ou moins parallèle mais pas que) d'une société obscurantiste où une Eglise rétrograde occupe les positions de pouvoir, mais où un mouvement progressiste croît peu à peu dans l'ombre...

Sans nul doute s'agit-il d'un space-opera important, et surtout d'un véritable page-turner ingurgité en une douzaine d'heures en temps cumulé. Néanmoins, je suis resté un peu sur ma faim. Le passage entre les différents points de vue et les différentes époques (l'intrigue se déroule sur pas moins de mille ans tout en réutilisant certains personnages par la magie du sommeil cryogénique) conduit à une sensation de fragmentation des fils d'intrigue. Il y a là-dedans un mystère extraterrestre (ou pas ?) au moins, dont on ne voit pas la résolution (et c'est dommage). Quant au "grand schéma" de l'histoire, il me semble somme toute assez peu exploité... La quatrième de couverture évoque un second volet à cette histoire, second volet dont je n'ai pu trouver trace sur cette bibliogaphie de l'auteur. J'en déduis que la suite (et fin ?) de cette histoire est à paraître.

J'en prendrai connaissance, la chose est certaine. Et j'en attends beaucoup, bien sûr.

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jeudi 28 juillet 2011

La Planète interdite

Un planet-opera jeune public, déniché dans une librairie spécialisée SF... et une belle déception, aussi.
Résumé :
Bérénice est une planète arriérée, colonisée dans un passé reculé. Trois cents ans après l'Effondrement, l'Empire fait son retour dans l'espace de cette planète que les bases de données recensent comme "interdite". Les premières expéditions tournent mal, des accidents surprenants contraignant les explorateurs venus de Lointaine, la station orbitale du Consortium, à en recourir aux méthodes d'infiltration les plus éprouvées. Pourtant, le mystère de la "planète interdite" est encore loin d'être levé... Jusqu'au jour où le Consortium enlève quatre jeunes femmes de Bérénice. Justin Mac Lir, un homme de sciences, parviendra-t-il à percer leurs secrets ?
On va faire vite. Cette histoire est décomposée en deux fils d'intrigue se rejoignant à peu près vers la fin. S'il y a là-dedans quelques bonnes trouvailles avec cette histoire de planète "vivante" où des mutants veillent sur l'équilibre écologique à l'aide de pouvoirs surnaturels, il y a un énorme hic : le sujet est fort mal traité. L'histoire, la vraie, ne démarre qu'après cent à deux cents pages (entre le quart et la moitié du total). On se perd dans le nombre de personnages (et en particulier d'enfants). On ne voit pas assez les fameux "Serviteurs" (les mutants) et encore moins les "Veilleurs" et autres "Gardiens" dont on découvre l'existence, alors qu'elle est indispensable à la compréhension de l'intrigue, à cinquante pages de la fin environ. Et enfin, la langue (alors qu'il ne s'agit a priori pas d'une traduction) n'est quand même pas exceptionnelle...

Déception et fouillis. Comme d'hab' dans un tel cas, je suggère mille lignes de "je ne dois pas confondre jeune public et public simple d'esprit"...

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dimanche 24 juillet 2011

Les Visages de Mars

Voici ma chronique d'une nouvelle d'un auteur que je ne connais pas du tout. Il s'agit d'une nouvelle martienne, disponible en dehors d'un recueil grâce à la publication numérique. En tant que planet-opera, elle se qualifie donc pour le Summer Star Wars Episode V du RSFBlog, mais aussi pour le Défi Martien du Traqueur Stellaire...
Résumé :
Au XXIème siècle, les Russes, l'Union Européenne et les Etats-Unis montent une expédition internationale vers Mars, premier jalon d'une colonisation permettant de soulager une Terre surpeuplée. Deux missions vont s'y retrouver à six mois d'écart et vont installer la première base permanente sur le sol martien. Belle mécanique bien huilée... Les responsables du projet n'ont-ils pas oublié qu'ils envoient dans l'espace non des machines, mais des êtres humains avec leurs émotions et en particulier leurs peurs ?
Il y a dans cette nouvelle, comme dans A l'Est du Cygne que j'ai chroniquée hier, un véritable mystère à découvrir même s'il est moins sinistre ici. Le titre et la couverture évoquent en termes transparents le fameux (les anglo-saxons diraient plutôt infamous) pseudo-visage de Mars et pourtant, il ne s'agit pas d'une séance d'ufologie bon marché, ni même hors de prix. Lorsque je parle de Mars à mes élèves de Seconde, je ne manque pas de leur faire voir des images de l'impressionnant réseau orographique martien et de leur demander où, à leur avis, est passée l'eau. La présence d'eau sur Terre ne les incite pas à se poser la question d'où, au juste, cette eau est sortie avant de disparaître, évaporée ou congelée. Cette nouvelle propose une hypothèse audacieuse.

Belle découverte pour qui aime la hard-science !

Nouvelle acquise par l'intermédiaire de la plate-forme eBelial'.

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samedi 23 juillet 2011

Kookaburra tome 2

J'ai présenté ici la chronique du tome 1 de cette série de space-opera. Maintenant que j'ai terminé de régler son compte à la série Les Technopères, je peux me concentrer sur celle-ci...
Résumé :
On a confié à Dragan Preko une nouvelle mission : ramener le chevalier-sorcier sur Dragonna, la planète où se trouve sa demeure. Il souhaite en effet récupérer ses dagues sacrées, des objets mystiques très précieux qui semblent disposer de propriétés inhabituelles. Or, les Dakoïds, déjà remontés par l'infiltration dont le même Dragan s'est rendu responsable un peu plus tôt, sont en train d'occuper l'espace de Dragonna et ont décidé d'abattre le vaisseau avec lequel le commando de l'Alliance cherche à se poser ! Sur Callystès, l'impératrice a découvert la disparition de son fils et proclame la culpabilité de l'Alliance. Le peuple, galvanisé par son discours, souhaite récupérer son indépendance... La guerre se profile-t-elle au sein même du Secteur Terrien ?
Après un volume d'exposition déjà très tonique, l'aventure continue de plus belle. Cela commence très fort avec une course-poursuite en vaisseau spatial au-dessus d'une planète sous-développée, dans la grande tradition de StarWars... Les auteurs passent d'une scène à l'autre, nous montrant que l'intrigue ne se limite pas à un petit groupe de personnages mais qu'elle est bel et bien d'envergure galactique.

Dans cette histoire, on découvre aussi quelques indices supplémentaires. On visite ainsi le monde d'Isis d'où provient l'un des protagonistes principaux, Thaman-Khâ, la femme humaine jadis au service des Amazones et à présent dévouée au chevalier-sorcier à tête de chien. Lequel est de toute évidence occupé à une quête mystique. Dans le même temps, on découvre un nouvel "enfant du destin" appelé par la prophétie traduite par ce même chevalier-sorcier. Deux d'entre eux sont désormais aux mains des étranges sorcières wombats qui évoquent, à mots non couverts, leur désir de les rassembler tous afin de concentrer le pouvoir qu'ils représentent.

Le goût du pouvoir semble constituer un ressort puissant pour les personnages qui apparaissent peu à peu comme les antagonistes. L'impératrice régente de Callystès apparaît une fois de plus comme une manipulatrice. Toute la question étant de savoir au juste pour qui elle travaille...

A suivre !

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A l'Est du Cygne

Michel Demuth était l'homme qui a traduit Dune en français. C'était aussi un auteur de SF dont A l'Est du Cygne est une nouvelle éponyme d'un recueil. Je possède une édition numérique de cette nouvelle dont voici la chronique.
Résumé :
Coria est un explorateur envoyé, dans un voyage sans retour, vers Vigili IV, une planète située à l'Est du Cygne. Des incidents le contraignent à se poser à distance de l'équateur. Au sol, il est aussitôt assailli par la peur et se rend compte qu'une force existe, sur cette planète, qui peut faire chuter la température à un point dangereux pour lui et son équipement. Il y a sur Vigili IV des villes désertées... Où sont passés les habitants ? Quelle est l'horreur qui est à l'oeuvre sur ce monde où la vie se raréfie ?
Il s'agit là d'une histoire de colonisation. Un explorateur dans un voyage sans retour, un monde étrange, un mystère extraterrestre, un choix. Coria, qui est en quelque sorte l'homme le plus seul de tout l'Univers, se trouve pris au piège sur un monde où la vie s'éteint : comment, dans ces conditions, préparer l'arrivée des colons humains qui le suivront des années plus tard ? Son désir de compagnie le pousse à faire confiance à un être différent.

Dans cette nouvelle, l'auteur développe une SF assez herbertienne et peut-être même dunienne. SF introspective et psychologisante avec un plan à l'intérieur du plan. SF inquiétante, aussi, qui vient rappeler que même l'homme le plus préparé se trouve toujours seul face à l'inconnu et à sa peur. La technologie, dans cette histoire, ne fait pas tout - et Coria s'en rendra compte bien assez tôt...

Nouvelle acquise par l'intermédiaire de la plate-forme eBelial'.

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vendredi 22 juillet 2011

Les Technopères tome 8

Dernier épisode de la série de space-opera cyberpunk Les Technopères. C'est la première fois que je fais une chronique de toute une série en quelques jours, et je ferai donc une critique globale de la série en conclusion.
Résumé :
Le vaisseau dirigé par Albino se pose sur la planète promise. Première surprise : le suprême technopère, un être virtuel, se voit refuser l'accès au sol de la planète par une force mystérieuse. Sa famille et ses disciples devront se débrouiller seuls. Deuxième surprise : une étrange pyramide se révèle abriter un géant très agressif que les nouveaux arrivants auront beaucoup de mal à maîtriser... Leur nouveau monde possède bien des périls inconnus, et Gofh, compagnon d'Onyx tout juste ressuscité par Albino, pourrait bien poser lui-même certains problèmes...
La difficulté, dans une série d'envergure, c'est encore de conclure. Ici, l'essentiel de l'action avait pris fin à l'épisode précédent et il était donc naturel de se demander ce que les auteurs, au juste, avaient à raconter dans un dernier épisode. Une option aurait pu être de laisser l'histoire ouverte et c'est un peu ce que l'on voit... mais tout à la fin de l'album. Ce qui amène donc à la question suivante : à quoi sert l'histoire qui nous est racontée dans ce huitième album ?

La réponse que je vais faire est très simple car elle tient en deux mots : à rien.

Cela peut paraître cruel, expéditif ou ce que vous aurez envie de dire, mais rien de neuf n'est apporté dans cet album. Les concepts de la série ne sont pas réexploités. La planète où l'expédition d'Albino débarque est à peine explorée. Il s'agit en fait d'une longue introduction, étirée sur tout le volume d'un album entier. De la nouvelle société promise par Albino à sa famille et à ses disciples, on ne voit rien, on ne sait rien, sinon qu'elle promet d'être sans machines. La bonne blague. Conclure un space-opera cyberpunk par un trip de baba-cool, il fallait oser... Quitte à m'en sortir avec une morale du type "il faut cultiver son jardin", j'aime autant relire Candide. Quoi de plus triste qu'une histoire qui partait bien et qui se termine d'une façon si plate ?

Enorme déception que cette série, même si elle contient de fort bons albums.

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Bifrost numéro 63

Je me suis procuré hier le dernier numéro paru de la revue Bifrost. Ce numéro a ceci d'intéressant (bien entendu, en particulier) qu'il s'agit d'un spécial Frank Herbert - et vous savez ce que j'en pense...

Au menu de ce numéro :
  • Dans la rubrique Interstyles, quatre nouvelles dont deux du Maître en personne. Semence (déjà publiée auparavant dans l'anthologie Le Prophète des Sables chez Pocket) est un planet-opera écrit par le Maître, une histoire de terraformation difficile où les personnages principaux, constatant l'échec de la méthode prévue (implanter sur leur nouvelle planète les plantes et les animaux sélectionnés sur Terre) se résignent peu à peu à ruser avec les lois de l'évolution pour produire des espèces viables, en imitant ainsi les faucons qui ont réussi à survivre (notons que dans Dune, le faucon est l'emblème de la Maison des Atréides). Le Clin d'oeil du Héron, de Jean-Claude Dunyach, une énigmatique nouvelle où un homme trouve une boucle d'oreille perdue par une jeune femme dans l'aéroport d'Amsterdam et la lui rend un peu plus tard, mais en fait c'est pas elle, et surtout c'est pas sa boucle d'oreille : magicien ou pas, j'ai rien compris, à commencer par le propos de l'auteur, mais c'est pas grave, ça se laisse quand même lire. Exorciser ses Fantômes, de Eric Brown : un space-opera où des récupérateurs d'épaves acceptent de transporter une femme dissimulée dans sa combinaison de combat jusqu'à l'endroit où sa famille a été tuée par une race extraterrestre. Il y a là-dedans tous les ingrédients d'un bon space-opera, mais ce qui en fait un grand space-opera, c'est encore la chute que je me vois obligé de qualifier de géniale. J'ai beaucoup aimé. Enfin, Mort d'une Ville, autre nouvelle du Maître, où deux "médecins de villes" cherchent un moyen de sauver une agglomération où les haines montent et entraînent la fuite des habitants les plus talentueux. Le Maître, toujours visionnaire, a sans doute perçu les risques inhérents à la vie citadine contemporaine et non pensée, imaginant une solution à travers ce corps des "médecins de ville". J'ai envie de dire qu'il faudrait peut-être en envoyer quelques uns à Paris afin de soigner une ville de toute évidence malade d'elle-même. Ceci étant dit, je n'ai pas été convaincu outre mesure par cette nouvelle inédite en France, mais il est vrai que j'ai quelques difficultés en général avec le Herbert non sableux...
  • La rubrique Ballades sur l'Arc, avec près de cinquante pages de critiques. Pas lue, en général, je ne m'intéresse pas à ce genre de contenu.
  • Le dossier sur Frank Herbert annoncé en couverture, cinquante pages en sept articles différents. Le troisième, La Genèse de Dune, est un texte écrit de la main du Maître lui-même. Petite pensée un peu émue de ma part quand j'ai découvert que ce texte date de 1980 (mon année de naissance au cas où vous ne le sauriez pas). Le Maître nous explique un certain nombre de choses concernant sa pensée, ou du moins, ce qu'il en laisse percevoir à travers Dune. On découvre une oeuvre inscrite dans son époque ("La CHOM, c'est l'OPEP") et une philosophie de méfiance vis-à-vis du pouvoir et de ceux qu'il attire ("Qu'est-ce qui produit un Nixon ?"). Désabusé à l'égard des "systèmes" quels qu'ils soient, car il y perçoit le ferment du conservatisme. J'y ai découvert un Maître sans doute plus progressiste que je ne le percevais jusqu'alors. Les autres articles correspondent à des exercices plus ordinaires : éléments biographiques, souvenirs personnels d'un proche (Philippe Hupp, dont j'avoue avoir ignoré jusqu'au nom jusqu'alors), analyse critique de Dune (par Claude Ecken), analyse du film de Lynch (par Ugo Bellagamba, qui est quand même une pointure) ainsi qu'un guide de lecture. Au total, un abondant dossier qui mérite d'être lu de bout en bout. Le dunien comme le non-dunien y trouveront sans nul doute du grain à moudre. Je retiens que le Maître lui-même n'a pas approuvé le projet d'adaptation d'Alexandro Jodorowski, trop empreint de mysticisme à ses yeux. Voilà qui est agréable à lire.
  • La rubrique Scientifiction du professeur Lehoucq, assisté cette fois-ci de Stéphane Sarrade, nous parle de chimie en SF et en particulier dans Dune. Somme toute, la fameuse épice est peu décrite, mais les passages finaux (processus de distillation et donc... l'éventuelle possibilité de réalisation d'un vrai distille fremen !) se révèlent très argumentés ainsi que très intéressants.
  • Enfin, la rubrique Infodéfonce et Vracanews où entre autres choses l'équipe de Bifrost salue l'initiative numérique d'Ayerdhal et Dunyach (bien qu'en se montrant quelque peu, disons, piquante quant aux premières explications du premier de ces deux compères) et présente les lauréats des Nebula Awards 2010 (où KJA n'a toujours pas été distingué, donc : tout va bien).
Ce Bifrost numéro 63 est donc une bonne cuvée, à lire et à relire.

Voir aussi la chronique de Guillaume Stellaire.

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Le Fléau des Dieux tome 2

J'ai déjà parlé ici de Morituri te salutant, premier tome de la série Le Fléau des Dieux de Valérie Mangin. Ceci en est le deuxième tome.
Résumé :

Aetia, effondrée à la nouvelle que les Huns ont ravagé sa planète natale, n'est plus capable de prononcer le moindre mot. Attila, devenu roi-prêtre des Huns, lance toutes ses forces sur les planètes sans défense de l'Orbis. Les Huns, en effet, disposent d'un secret leur permettrant de toujours prendre les légions de vitesse... Envoyée sur Smirnium dans l'espoir de l'arracher à son mutisme, accompagnée par le Hun Ebarse, Aetia découvre que de sa famille, seuls son père Aetius et sa mère survivent. Des milliards d'habitants de Smirnium, les quelques dizaines de milliers qui ont survécu à l'assaut des Huns se terrent dans les ruines et ont nommé Aetius gouverneur. A peine débarquée, voilà qu'Aetia est capturée ainsi que soupçonnée d'avoir livré les coordonnées de Smirnium aux Huns afin d'acheter sa survie... Doit-elle espérer un nouvel assaut d'Attila cependant que les survivants, pour se venger, préparent son exécution ?
Valérie Mangin est littéraire et passionnée de SF. Deux champs d'intérêts qui la portent, d'une façon assez naturelle, vers l'épopée teintée de tragédie. Dans cet épisode, on apprend pourquoi Smirnium, la planète d'Aetia, est envahie et pillée par les Huns alors que ceux-ci en ignorent les coordonnées spatiales (comme celles des autres planètes de l'Orbis romain galactique, en fait), et la raison en est toute empreinte, en effet, de tragédie.

Dans cet univers où Aetia se voit soudain adorée par les Huns comme l'incarnation de leur déesse Kerka, le jeune Attila, de son côté, cherche à réaliser ce qu'il considère être comme son destin, à savoir faire s'effondrer la civilisation romaine qu'il exècre et qu'il considère faible. Cette histoire d'une opposition entre nature et culture (Aetia se refusant à être la violente déesse Kerka) est imprégnée de fantastique et de mystère, les Huns étant trop rapides pour que les préfets des légions romaines parviennent à les arrêter dans l'espace, et Aetia elle-même se révélant à maintes reprise invulnérable aux coups portés... Certains mystères sont cependant éclaircis vers la fin, alors qu'Aetia, sous le déguisement de son père, choisit d'aller plaider sa cause à Ravenne, auprès de l'Empereur Valentinien, afin d'obtenir le contrôle des légions et donc de vaincre Attila de la façon qui lui sera la plus douloureuse : par un ennemi qu'il considère comme inférieur.

Il s'agit, là encore, d'une BD de space-opera empreinte d'influences et de symboles très variés. Mais cette fois-ci, on est sur un terrain moins mouvant - et bien plus distrayant. A suivre !

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mercredi 20 juillet 2011

Les Technopères tome 7

Ceci est l'avant-dernier tome de la série de space-opera cyberpunk Les Technopères.
Résumé :
Albino est devenu Technopère suprême après avoir accepté l'onction des trois serpents maléfiques à l'origine de la secte pan-techno. En secret, il continue à remplir sa mission : la Zombra, cette entité souhaitant éteindre tous les soleils de la Galaxie, doit être vaincue, et Hataan, l'anti-archange qui contrôle toute la secte pan-techno, doit être éliminé lui aussi. Percevant que la société humaine est elle-même trop corrompue pour être soignée, Albino choisit de concevoir le "jeu parfait", grâce auquel il pourra sélectionner les candidats pour l'exil vers la galaxie promise...
Cet épisode a ceci de particulier qu'il raconte, entre autres, la victoire d'Albino sur les technopères corrompus, c'est-à-dire, l'un des deux buts prévus au départ, le deuxième étant l'exil vers la galaxie promise. Malgré la trouvaille scénaristique permettant de montrer la victoire finale d'Albino sur les trois serpents maléfiques avant leur première confrontation (merveille du retour en arrière), on comprend bien que dans le propos des auteurs, peu importe ce qu'il se passe dans la société corrompue par Zombra. Ce qui compte, c'est la "galaxie promise" et la "nouvelle société" qu'Albino et ses disciples (et sa famille, aussi) s'apprêtent à construire. Tout le reste, somme toute, est secondaire.

Cela peut sembler annexe, mais cela en dit très long et apporte un nouvel éclairage quant aux symboles placés un peu partout dans cet épisode. La débauche biblique commence dès le départ avec cette muraille d'astéroïdes qu'Albino va devoir partager devant le vaisseau avant de la refermer sur les engins de guerre à leur trousses. Albino endosse donc son rôle de "paléo-Moïse" avec une belle détermination. La métaphore se poursuit ensuite jusqu'à la nausée, ou presque. En fin de compte, le space-opera cyberpunk devient de moins en moins space, de moins en moins cyberpunk. La palme revient sans nul doute à la fameuse Céleste qui intrigue depuis la couverture, et qui apparaît pendant quatre pages tout au plus. Permettant au passage aux auteurs de se livrer à une belle contradiction interne : on savait, depuis le deuxième tome, qu'Albino n'avait jamais pris femme. Quant à cette histoire de "jeu parfait", c'est une illustration si creuse du principe selon lequel "le voyage est plus important que sa destination" que je ne vois aucun besoin de la commenter plus loin...

En fin de compte, et jusque là, il s'agit à mon sens du plus mauvais épisode de la série.

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L'Exilé de Gandahar

Le Cycle de Gandahar comprend plusieurs oeuvres jeune public dont celui-ci, à ma connaissance, est la dernière parue en date.
Résumé :
Une épave, au fond d'une baie peu profonde, est le point de départ d'une nouvelle aventure pour Sylvin Lanvère, chevalier-servant de la reine Myrne Ambisextra. Parti en reconnaissance, il découvre qu'elle est au fond des eaux depuis une trentaine d'années... mais qu'il s'agit d'un ancien vaisseau spatial, du genre de ceux qui ont amené les colons humains sur Tridan. Alors qu'il l'explore, le vaisseau décolle et l'amène sur une Terre malade, de plus en plus désertique, ravagée par de terribles tempêtes. Pire encore, il semble que le vaisseau lui ait fait traverser l'espace et l'ait ramené dans le passé ! Sylvin pourra-t-il revenir à Gandahar ?
Sylvin Lanvère avait déjà visité la Terre dans une nouvelle présentée à la suite du premier Gandahar. Andrevon nous montrait déjà une planète exsangue, dont l'écosystème comme la société apparaissaient malades voire mourantes. L'intervention de Sylvin à travers le temps (assisté en cela par le Métamorphe) permettait de secouer les deux et de favoriser, à terme, la colonisation de Tridan. Ici, c'est un peu par hasard que Sylvin est envoyé sur Terre et dans le passé, à trois mille ans de distance de sa propre vie... Et pour le coup, on voit mal comment l'aventure qu'il y vit peut s'intégrer dans le reste du Cycle. A vrai dire, les différentes phases de l'histoire semblent fort peu liées, Sylvin voyageant de lieu en lieu sans trop s'attarder, sans trop s'interroger, sans trop agir, son seul but étant (mais on peut le comprendre) de revenir sur Tridan et dans le futur. Le chevalier-servant nous avait cependant habitués à bien mieux. On aurait pu s'attendre à le voir prendre la direction d'une rébellion des Navajos et des opprimés contre un système mortifère. Quitte à nous perdre dans un paradoxe temporel final, n'aurait-il pas mieux valu à ce compte-là en faire le fondateur d'un royaume de Gandahar-bis mais sur Terre ?
Je ressors un peu déçu de cette lecture, qui me semble conclure bien mal un cycle jeune public pourtant prometteur.

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mardi 19 juillet 2011

Le Fléau des Dieux tome 1

De Valérie Mangin j'ai déjà parlé ici d'un volet de ses Chroniques de l'Antiquité galactique ainsi que de sa série uchronique Luxley. J'ai découvert son travail de scénariste à travers une série de space-opera, Le dernier Troyen, qui m'a beaucoup plu et dont je possède tous les épisodes. Au contraire, je me suis contenté de feuilleter en librairie sa série Le Fléau des Dieux (qui est pourtant la première parue) parce que j'accrochais moins au dessin... Y a-t-il cependant meilleure occasion de s'y intéresser de très près que le Summer StarWars Episode V du RSFBlog ? Après tout, Isaac Asimov lui-même a eu l'idée initiatrice de son Cycle de Fondation après s'être penché sur le célèbre ouvrage d'Edward Gibbon...
Résumé :
Dans un lointain futur, l'Orbis romain galactique gouverne toutes les planètes habitées par l'être humain. Depuis mille ans, il n'y a plus eu besoin de faire appel aux légions. Hélas, des barbares surgissent de l'espace profond et s'emparent d'un monde lointain de l'Orbis. Leur nom : les Huns. Face à eux, le pouvoir impérial exercé au nom d'un empereur trop jeune pour gouverner choisit de négocier. En contrepartie de la paix, l'Orbis doit remettre des otages qui seront sacrifiés à la déesse Kerka des Huns. Le roi Rua est satisfait, mais son fils Attila ronge son frein : il voudrait pouvoir faire déferler toute sa force sur les mondes romains sans défense... Tous pourtant sont stupéfaits lorsqu'une des sacrifiées se relève sans une plaie : il s'avère qu'elle est le portrait parfait de la déesse Kerka. En serait-elle l'incarnation ? Va-t-elle sauver le peuple romain qui est le sien, ou bien conduire les Huns vers l'orgie de pillage qu'ils appellent de leurs voeux ?
Dans une série d'envergure (chronologique et spatiale) telle que celle-ci, les auteurs ont un réflexe, qui est celui du volume d'exposition. Ici, le scénario de Valérie Mangin adopte un procédé différent, celui de partir in medias res. Tout au plus bénéficie-t-on de deux pages où le minimum vital nous est expliqué avant d'être jeté dans cette aventure. C'est brutal et pourtant, c'est efficace. On se trouve tout aussi déraciné, tout aussi décontenancé, que l'héroïne de l'histoire, ce qui contribue à faciliter le travail d'identification.

Face à la jeune Flavia Aetia, qu'un Orbis romain galactique mal dirigé par une régence incompétente a sacrifiée aux féroces Huns, se démarque très vite la figure terrible d'Attila, fils du roi des Huns, déterminé à remplacer son père au plus vite car il le trouve trop timoré, trop faible à son goût. Barbare dépourvu de toute forme d'humanité, Attila n'est cependant pas stupide et loin de là. Il utilise à merveille le coup du destin qui veut que Flavia soit le sosie de la déesse Kerka à laquelle les Huns vouent un culte sanglant pour faire avancer son propre intérêt.

Dans cette histoire, on reste encore un peu trop dans l'anecdotique pour être en mesure de déterminer si le solide fonds historique concernant la confrontation entre Rome et les Huns va connaître une profonde réinterprétation. J'ai cependant remarqué un premier clin d'oeil : lors de la bataille des champs catalauniques (en 451), Attila fut défait par un général romain du nom de Flavius Aetius.

Un bon volume pour commencer une série !

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