vendredi 24 mai 2013

Whisky vaudou

Sollicité par l'auteur, j'ai accepté de lire et chroniquer cette nouvelle policière dans le cadre du challenge JLNN de Lune.
Résumé : 
Wilson Amarachi, détective privé, partage avec ses lointains homologues des années 30 un goût solide pour le whisky et  un talent pour tomber dans des affaires glauques à souhait. Cette fois-ci, c'est un riche bourgeois de Chicago qui le convoque pour enquêter sur la mort, qu'il soupçonne criminelle, de son frère passionné par le jeu. Pour le client, la clé de l'énigme se trouve au fin fond du secteur noir de la ville, là où seul Amarachi possède une chance de la trouver ; pour faire bonne mesure, il précise au détective qu'il ne verrait pas d'un mauvais oeil qu'un accident arrive au tueur de son frère. Or, dans le cercle de jeu visité par Amarachi dans le cadre de son enquête, il s'avère que les gens qui savent ont peur, de toute évidence, au point de vouloir le passer à tabac pour quelques questions posées... L'affaire ne s'annonce-t-elle pas amère comme un mauvais whisky ?
Comme j'ai déjà eu l'occasion de le dire par ici, je suis resté - en termes de littérature policière - à la conception tout droit sortie de l'oeuvre d'Agatha Christie selon laquelle le contrat quelque peu tacite établi entre le lecteur et l'auteur prévoit que le premier soit capable de résoudre l'énigme en même temps que l'enquêteur de fiction. Ici, quelques indices (visibles, admettons-le, a posteriori) permettent de soupçonner que les apparences sont trompeuses, tout comme la vitalité artificielle donnée par l'éthanol du whisky éponyme... sans toutefois permettre, d'une façon indiscutable, de percevoir le schéma de l'ensemble avant sa résolution.

Reconnaissons-le : ce texte ne m'a pas enthousiasmé. Néanmoins, cette nouvelle ne laisse aucun goût désagréable après lecture, et  sans doute y a-t-il un potentiel dans le personnage de Wilson Amarachi, mais je pense qu'il gagnerait à être exploité dans le cadre d'un temps fictionnel plus long...

samedi 18 mai 2013

Celui qui venait du Froid

Dans le cadre du challenge JLNN de Lune, j'ai reçu cette nouvelle au format numérique de la part des éditions ActuSF. Place donc à la chronique !
Résumé :
Une éducatrice pour jeunes aveugles emmène ses protégés pour une visite au musée : pour ces enfants qui ne connaissent ni la lumière, ni la couleur, les sons, les odeurs, les goûts et surtout les textures représentent les seuls points d'accès à la sensibilité physique. De ce fait, le directeur du musée les autorise, à titre exceptionnel, à manipuler certaines oeuvres mises au rebut. Pourtant, alors qu'une exposition d'art contemporain, à base de mobiles odorants aux formes organiques, envahit les étages supérieurs du musée, il semble que les oeuvres d'art oubliées à la cave ne sont plus tout à fait inertes, comme si une menace pesait dans l'air conditionné du sous-sol...
J'aime beaucoup (déformation professionnelle, peut-être) quand la SFFF implique des personnages d'enfants ou d'adolescents. Littérature du réel, notre chère trinité de l'imaginaire se montre à mon sens la plus efficace lorsqu'elle fait appel au regard de sujets humains pour qui est encore ténue la frontière entre la réalité, d'une part, et la fiction, d'autre part. Qui, étant gosse, n'a jamais tremblé après avoir lu un livre (ou vu un film) quelque peu inquiétant vienne me contredire...

L'astuce de l'auteur, ici, consiste à truquer le jeu des regards par une dimension supplémentaire. Ses jeunes personnages sont aveugles et leur regard n'en est un qu'au second sens du terme : à ce titre, sont-ils autorisés à voir avec leurs doigts. Encore ne peuvent-ils exercer ce privilège que sur des copies ou, à la rigueur, sur des oeuvres d'art ne trouvant plus leur place aux étages fréquentés par les visiteurs capables, eux, de toucher avec leurs yeux...

C'est ici qu'une dimension inquiétante, presque transcendante, vient s'infiltrer dans le temps fictionnel. Les sculptures scientifiques, mouvantes, odorantes et sonores de l'artiste excentrique, pâles images d'une pseudo-vie artificielle, ne sont pas les seuls objets de ce musée capables de s'animer, ou d'éveiller des émotions brutes, surtout sous les doigts des jeunes aveugles... Il se pourrait même que l'oeuvre "venue du froid" soit en mesure non pas d'éveiller ces émotions - mais bel et bien de les transmettre. L'artiste aux mobiles organiques ne s'y trompera d'ailleurs pas, réservant à cet objet inconnu la place qui lui revient de droit parmi sa propre exposition, comme s'il avait compris que tout son art ne saurait suffire à l'égaler ?

Il s'agit quoi qu'il en soit d'une belle lecture, appréciable à bien des niveaux, et que je recommande bien volontiers.

Lire aussi l'avis de Gromovar, qui n'est pas d'accord avec moi.

lundi 6 mai 2013

Bifrost numéro 70

Après un numéro 69 qui m'avait laissé plutôt dubitatif, la revue Bifrost nous propose cette fois-ci un thème plus classique et consensuel (ou pas) en faisant se mettre à table un auteur, en l'occurrence, Stephen Baxter.

Au menu de cette livraison :
  • Dans la section Interstyles, pas moins de cinq nouvelles cette fois-ci dont deux de Baxter lui-même.
    • L'Invasion de Vénus par Baxter : alors qu'un engin spatial vient tout juste d'être détecté à son entrée dans le Système Solaire, les millénaristes apocalyptiques (ou non) s'agitent en attendant la réalisation de leurs fantasmes. Dit comme ça, j'ai envie de dire que cette nouvelle ne paie pas de mine mais en rester là serait scandaleux, or, en dire plus serait en dire trop... J'ai beaucoup aimé cette nouvelle qui m'apparaît tout à fait dans lignée du Rendez-vous avec Rama d'Arthur C. Clarke.
    • La Tête raclant la Lune de Catherine Dufour : sans doute dans les années 80 (celles du XXIème siècle),où les pires criminelles sont stockées en coma forcé, une inspectrice désabusée cherche à élucider une série de meurtres incompréhensibles. Les victimes, toutes des hommes, sont mortes suite à la morsure (au pénis) d'un serpent venimeux très rare. Dans la lignée d'Un Temps chaud et lourd comme une paire de Seins (chroniquée ici) l'auteur nous livre une nouvelle image d'un futur où les femmes ont renversé le schéma de domination patriarcal. J'ai plutôt aimé cette histoire même si je vois mal où elle cherche à en venir.
    • Aleph-zéro d'Olivier Caruso : à bord d'un train autour duquel et dans lequel se produisent des phénomènes étranges, un homme recherché par la milice présidentielle retrouve l'une de ses anciennes camarades de classe. Il a un marché à lui proposer... J'ai rien compris.
    • Les Mémos Wayne de Xavier Mauméjan : et si la transformation de Bruce Wayne en Batman était le résultat d'une subtile manipulation par le GRU, décidée par Trotski lui-même ? Sans doute faut-il bien maîtriser la mythologie de Batman pour comprendre toute la finesse de cette nouvelle. Néanmoins, cela reste un travail tout à fait honnête.
    • Diagrammes du Vide par Baxter : un artefact extraterrestre en forme d'anneau où une colonie humaine tente de prendre pied. D'un côté, les militaires qui cherchent à éliminer tout danger potentiel, de l'autre, les scientifiques prêts à tout pour montrer aux Xeelees, les constructeurs de l'anneau, que la coexistence est possible entre eux et l'espèce humaine. Au milieu, Paul, un jeune homme amnésique, arrivé sur l'anneau nul ne sait comment, et possédant une étrange affinité pour l'artefact Xeelee... Sympathique nouvelle sortie de l'Univers Xeelee dont j'ai déjà chroniqué ici un morceau sous la forme de Gravité : je regrette juste sa conclusion très énigmatique.
  • Dans les Carnets de Bord :
    • La rubrique Ballades sur l'Arc et en particulier ses pages de critiques, survolées comme à l'accoutumée.
    • La rubrique Au travers du Prisme consacrée, bien sûr, à Stephen Baxter et à son Univers Xeelee. J'ai beaucoup aimé l'article d'Emmanuel Tollé, qui m'a donnée l'envie de me plonger dans ce qui m'apparaît de plus en plus comme une référence incontournable de la SF contemporaine. J'avoue ne pas m'être penché sur l'entretien avec l'auteur lui-même : j'aimerais, au préalable, me pencher plus avant dans son oeuvre...
    • La rubrique Scientifiction de Roland Lehoucq et J. Sébastien Steyer, consacrée cette fois-ci aux menaces invisibles : radioactivité mais aussi virus et bactéries. La fin du monde du 21/12/2012 ayant eu lieu il y a moins de six mois, il est temps de se pencher sur certains des meilleurs candidats au poste de cavalier de l'Apocalypse. Encore une fois, un article très documenté - tant du point de vue fictif que scientifique... même si je relève quelque chose qui m'interroge : je n'avais pas retenu que le jet de têtes tranchées au-dessus de l'enceinte de Minas Tirith dans Le Retour du Roi de J.R.R. Tolkien pouvait s'interpréter comme une mise en oeuvre de la guerre biologique.
    • Dans la rubrique Infodéfonce et Vracanews, j'apprends que Thomas Day se lance (lui aussi) dans la BD avec l'adaptation de La Voie du Sabre. Oh que voilà une idée qu'elle est bonne.
Concluons ce billet en saluant une bonne livraison, tout à fait à même de me convaincre à nouveau après un numéro 69 qui n'en avait pas été capable. Bravo !

EDIT : comme m'en informe en commentaire une personne fiable, dans mon enthousiasme j'ai lu trop vite une news : La Voie du Sabre adaptée en BD n'est pas scénarisée par Thomas Day. Par contre, celui-ci va scénariser une BD steampunk féérique intitulée Wika. Nous en reparlerons sans nul doute ici.

mercredi 1 mai 2013

La vidéo SF du mois - Mai 2013

En ce jour de Fête du Travail, je suis tombé sur un court-métrage fascinant. The Device (L'Instrument) vous montre pourquoi il faut toujours rapporter ce que vous découvrez sur un trottoir aux objets trouvés...

jeudi 25 avril 2013

Abraham Lincoln - Chasseur de Vampires

En voilà un qui végète dans ma PàL depuis Juillet dernier, depuis que je l'ai récolté à la librairie Trollune en fait. Les gens qui suivent mon blog et en particulier mes chroniques de lecture de la revue Bifrost savent, depuis que le numéro 60 en est passé entre mes mains, que je ne suis pas très amateur d'histoires de vampires : à force de bit-literies, les auteurs actuels ont transformé un argument fantastique tout à fait légitime en véritable rengaine, pour ne pas dire aberration littéraire usée jusqu'à la corde. Néanmoins, alléché par la BA bien trash de l'adaptation filmée (que je ne suis pas allé voir : il m'a suffi de lire l'avis du sieur Odieux Connard pour décider que ce n'était pas nécessaire), je me suis dit que celui-ci valait quand même la peine que je m'y intéresse.
Résumé : 
Vous croyez tout savoir sur Abraham Lincoln, celui que l'on présente parfois comme le plus grand Président des Etats-Unis ? Ce que peu de gens savent, c'est qu'avant d'entrer en politique, Lincoln était... un chasseur de vampires. Au XIXème siècle, après des siècles de persécution en Europe, la jeune démocratie américaine était en effet devenue un véritable havre de prospérité, voire même une terre promise pour les vampires. Confronté à l'un d'entre eux après la mort de sa mère, le jeune Lincoln jure l'extermination de leur race... mais ce n'est qu'après avoir reçu l'enseignement de Henry, l'un des premiers vampires du continent américain, qu'il devient un chasseur talentueux. Pendant des années, il va mener dans l'ombre une vie aventureuse, pourchassant les proies désignées par son ami Henry : deux clans s'opposent parmi les vampires américains, entre ceux qui recherchent une forme de moralité dans leur relation à l'espèce humaine, et ceux qui ne considèrent les vivants que comme du bétail. Or, le Sud esclavagiste est pour ces derniers une puissante base arrière, à tel point que la guerre contre le Nord devient inévitable... Lincoln et ses amis pourront-ils empêcher les Etats-Unis de se changer en véritable enclos humain aux mains des tyrans buveurs de sang ?
Avec Django Unchained et Lincoln, l'actualité du blog tourne bien volontiers autour de l'esclavage aux Etats-Unis, ces derniers mois, et ce livre offre un troisième et très original axe de lecture pour ce fait historique. Avec le génocide des amérindiens, l'esclavage est l'une des tares fondatrices de la société états-unienne : imaginer que se dissimulerait derrière le travail forcé des afro-américains rien d'autre que les appétits sanguinaires de clans vampires constitue alors un intéressant argument. Il devenait alors inévitable d'utiliser le personnage d'Abraham Lincoln à des fins de fiction historique : on sait que c'est sous ses mandats que l'esclavage est devenu illégal aux Etats-Unis.

Passant en revue les étapes de la formation intellectuelle puis politique du futur Président, ce livre alterne entre des données que je suppose biographiques et des scènes de chasse à la hache. Des soi-disant images d'archives viennent renforcer l'illusion, donnant l'impression de lire un précis d'histoire secrète ou ésotérique. A ce titre, Abraham Lincoln - Chasseur de Vampires apparaît presque comme une farce et se lit comme un divertissement dont l'enjeu n'est guère crédible, et ce n'est pas l'épilogue - en forme de clins-d'oeil appuyés - qui vient nous détromper. Sans être manqué, parce que c'est un bon divertissement, ce livre ne laisse aucune impression de saveur particulière : vite lu, vite rangé, vite oublié.

Lire aussi l'avis des amateurs de vampires sur vampirisme.com.

mercredi 24 avril 2013

Les Visiteurs du Soir

Avant-hier, j'ai eu l'occasion de voir ce film en version numérisée. J'en avais vu le début un jour à la télévision, il y a donc des années : pouvoir le voir en entier au cinéma (dans une petite salle, faut-il le préciser) avait donc une saveur toute particulière.
Résumé : 
Gilles et Dominique, deux ménestrels, arrivent au château du baron Hugues alors que celui-ci donne fête sur fête en raison du mariage tout proche de sa fille Anne. L'ambiance, au château, n'est cependant pas des plus agréables, car le futur mari de la jeune femme est un homme dur, qui ne conçoit pas le mariage comme un engagement amoureux mais comme un titre de propriété ! Aussi voit-il d'un très mauvais oeil l'effet des chansons de Gilles sur sa future. Ce qu'il ne sait pas, c'est que Gilles et Dominique sont des âmes damnées, envoyées par le Malin lui-même pour semer le désespoir sur Terre. Pris dans un faisceau de sentiments contradictoires, le baron et son gendre ne risquent-ils pas de perdre tout ce qui leur est cher ? Et Gilles, qui aime de temps en temps faire le bien, que risque-t-il s'il désobéit à son maître ?
La présence d'éléments tout droit sortis d'un conte de fées permet de considérer très tôt ce film comme une oeuvre fantastique. Dans ce Moyen-Âge fantasmatique, des créatures très peu humaines semblent se jouer de la distance, lire dans les esprits et même connaître le destin. Le temps peut se figer par la magie d'un accord joué sur un instrument de musique ; l'apparence même de certains personnages, et de ce fait le regard porté sur eux par les autres, peuvent changer d'un seul coup. Le film s'affirme donc très vite comme un conte à morale inscrit dans une tradition : dans cette histoire, la victoire du démon n'est qu'apparente comme en témoigne sa rage finale et, a contrario, ce sont les personnages humains qui sortent vainqueurs de leur confrontation avec le mal. Il est difficile, à ce point, de ne pas considérer la date de sortie de ce film d'un oeil intéressé : en 1942, la France est exsangue et sous la botte allemande ; dans cette histoire où le Malin et ses sbires s'invitent à une table humaine, la mise en relation symbolique avec la situation contemporaine est évidente. La métaphore n'a d'ailleurs, semble-t-il, pas échappé aux spectateurs de l'époque...

Les Visiteurs du Soir, c'est aussi une oeuvre au charme désuet. A notre époque où le moindre film est bourré d'effets spéciaux plus vrais que nature, quel plaisir de guetter les raccords, de voir les acteurs qui se figent - parfois avec plus ou moins de succès - quand le "temps s'arrête", et de repérer les superpositions de pellicule pour expliquer les apparitions et les disparitions de certains personnages. Quel plaisir, aussi, de se plonger dans un Moyen-Âge de carton-pâte où les ménestrels chantent l'amour courtois (mais pas toujours très platonique, semble-t-il) et où les costumes sont flamboyants... dans tous les sens du terme !


Les développements sentimentaux de cette oeuvre pourront apparaître interminables mais il convient de ne pas oublier qu'ils sont, eux aussi, caractéristiques d'une époque : on ne questionnait pas alors la frontière entre l'humain et l'inhumain selon les mêmes règles qu'à présent. Et somme toute, le plus important n'est-il pas  qu'à ce jeu, même le Malin, qui pourtant détient les cartes maîtresses, n'est pas certain de l'emporter à la fin ?

lundi 22 avril 2013

Traqueur Stellaire

Dans la blogoSFère, on connaît tous Guillaume, le Traqueur Stellaire. Tout le monde pense qu'il s'agit d'un docteur en biologie comme les autres, doublé d'un passionné de SF et addict aux jeux de licence par dessus le marché. Ce que peu de gens savent, c'est que son cerveau est connecté (par intrication quantique) avec celui d'un écrivain post-humain de l'âge terminal. Et quand la résonance s'établit, cela donne quelque chose comme cette nouvelle intitulée Traqueur Stellaire.
Résumé : 
X. Halejan est Traqueur. Un Traqueur, c'est un être humain en partie robotisé, disposant d'une base de connaissance minimale, au service de l'UGIT, un conglomérat interstellaire à l'idéologie capitaliste. En ces temps futurs, l'espèce humaine est privatisée. Les extraterrestres, qui occupent les mondes convoités par l'UGIT, sont déclarés nuisibles, voués au nettoyage. Les Traqueurs ont pour mission de "finir le travail" après le passage des légions robotiques chargées d'atomiser les agglomérations extraterrestres. X. Halejan a malgré tout quelques souvenirs issus de sa vie "d'avant". Etait-il un rebelle à l'UGIT ? La perspective de sa propre élimination, une fois le "travail fini", ne risque-t-elle pas de l'amener à remettre en cause son conditionnement ?
Guillaume nous livre là un space-opera mâtiné de cyberpunk, dans la tradition d'Hypérion, où une humanité prédatrice, coexistant plus ou moins bien avec une technologie envahissante, oeuvre à l'uniformisation globale  des espèces, catégorisées en types végétaux et animaux.. Sans se rendre compte que les intelligences occultes qui la contrôlent (ici, on l'imagine, le directoire de l'UGIT... constitué de qui voire de quoi ?) ne la considèrent guère plus que comme une machine-outil, le Traqueur éponyme n'étant ici qu'un rouage dans cette machine emballée... Un rouage qui, au fil de son journal, commence à interroger sa propre humanité. En recouvrant d'abord son identité, puis des souvenirs parcellaires, puis une forme de compassion, et enfin de réels souvenirs. C'est un avenir dont le contexte est plutôt sinistre et sans trop d'espoir. Si je comprends bien le propos, l'espèce humaine - en fin de compte moins "efficace" que les extraterrestres qu'elle extermine - est elle-même promise au remplacement par des produits biologiques artificiels.

Je n'aime pas trop les contextes glauques, ainsi que le savent les visiteurs de ce blog. Ce que je trouve intéressant dans cette nouvelle, c'est qu'elle parvient à rester "un peu" sur le fil du rasoir dans son ouverture. Le Traqueur est-il au début d'une quête (éventualité optimiste) ? Ou bien est-il un avatar de Sisyphe (éventualité pessimiste) ayant à détruire des extraterrestres que l'UGIT ré-introduit encore et toujours sur sa planète ? C'est là un questionnement lancinant et qui incite à se demander s'il existe une suite... Du point de vue de la forme, il est clair que c'est très bien maîtrisé (quel différence faut-il faire entre "Ordonnateur" dans la première "facture" et "Client" dans la deuxième ?). Je suis donc assez satisfait de ma lecture et ne cracherais pas sur une autre le cas échéant... A suivre ?

Ne manquez pas l'avis de Gromovar.

EDIT : avec cette chronique je me joins au Challenge JLNN de Lune.

vendredi 19 avril 2013

Letter Bee tome 14

Pour la série Letter Bee, les publications commencent à s'espacer, la dernière en date remontant à l'Eté dernier. Grâce à la complicité de l'éditeur, j'ai pu bénéficier d'une avant-première pour cette lecture que j'attendais avec une certaine impatience.
Résumé : 
L'heure est grave : malgré les efforts inouïs consentis par les Bees de Yûsari central, l'infernal Cabernet semble se déjouer une fois de plus de leur abnégation. L'insectarmure géant n'a aucun point faible visible et son corps se déforme pour adopter une apparence presque humaine, comme si tout le "coeur" qu'il absorbe au fur et à mesure que les Bees lui tirent dessus venait lui donner une personnalité. Lag, bien qu'épuisé, va décider de se jeter dans la bataille une dernière fois, au péril de sa vie et peut-être même de son âme. Existe-t-il un moyen d'arrêter la créature lâchée par "Reverse" sur l'Amberground ? Et si ce moyen est-il à portée de l'équipe des Bees, sauront-ils en payer le prix à temps ?
Le "cycle Cabernet" de cette série steampunk touchant à la fantasy se clôt de toute évidence avec ce quatorzième tome en forme de combat d'apocalypse. On n'est pas loin ici des grands moments de bravoure de FullMetal Alchemist, voire peut-être même au-dessus, et les amateurs du genre devraient apprécier la belle démonstration faite par Lag : combats dantesques, bien sûr, mais aussi et surtout l'expression de sa volonté de protéger ceux qu'il aime. Bons sentiments, peut-être, mais qui dissimulent chez le personnage un sens naissant de la communauté, un trait de caractère sensible chez tous les Bees qui apparaissent dans cette histoire et qui font une apparition de groupe dans ce tome-ci. Il est désormais évident que Lag, avec sa nouvelle perception de son talent, fait un pas décisif en direction de la maturité : son objectif initial de retrouver Gauche Suede va passer au deuxième plan, derrière un nouveau but, à savoir découvrir la vérité sur l'Amberground.

Le nécessaire combat contre le Cabernet occupant l'ensemble de ce tome, il n'y a guère plus de place pour les révélations : tout juste ce qu'il faut pour que l'on découvre un début de piste, indiquant pour Lag un retour prochain dans sa région d'adoption. Le grandissement brutal de Niche, et l'effet de ce grandissement sur ses qualités combatives, apparaît alors comme une véritable "upgrade" promettant de nouvelles bastons toujours plus dantesques mais, au-delà, montre bien que le prochain "cycle" dans la série Letter Bee sera celui de l'acquisition de la maturité pour le jeune héros. Avec de nouvelles interrogations, avec une nouvelle connaissance de lui-même et avec le secours probable d'un nouvel ami, Lag va disposer du ressort pour enfin s'interroger quant au monde où il vit. J'ignore si l'auteur va nous montrer, à partir du prochain volume, un Lag plus âgé histoire de jalonner son passage vers l'âge adulte, mais cela ne m'étonnerait pas même si je ne m'y attends pas pour de vrai. N'en doutons pas : avec Letter Bee, on tient une oeuvre jeune public dont le propos, entre autres, est celui du passage à l'âge adulte.

Et je ne doute pas qu'après ce tome si réussi, que le prochain nous donnera de toute façon l'occasion de voyager avec un "nouveau" Lag.

mardi 16 avril 2013

22/11/63

Je n'ai, et ça en surprendra peut-être beaucoup, jamais lu de livres de Stephen King jusqu'à présent. Quand j'étais adolescent et que je commençais à traîner (avec discrétion) du côté du rayon des livres de SF, j'avais remarqué - juste à côté des reliures argentées, bleues ou noires à étoiles des collections de SF - les reliures noires de la collection voisine, à savoir, celle de l'horreur. Curieux de savoir ce qu'elles dissimulaient, je crois bien que le premier roman d'horreur que j'aie tenu dans mes mains était l'un de ceux de King - Le Fléau, peut-être, ou Ça, qui sait. Je me souviens que les images de couvertures à elles seules avaient suffi à m'inquiéter mais l'adolescent étant d'une nature curieuse, j'avais été jusqu'à feuilleter l'un ou l'autre de ces livres : cela m'avait suffi à comprendre que je ne tenais pas à en savoir plus. Pourtant, ce ne fut pas faute d'en recevoir par la suite moult échos intéressants, et ce n'est que maintenant - vingt ans après avoir été un fluet garçon de treize ans inquiété par les premières pages du Fléau - que j'ai franchi le pas.
Résumé : 
Jake Epping est professeur de littérature dans un Lycée de Nouvelle-Angleterre. Un jour, un de ses amis, tenancier d'un snack à la mauvaise réputation, l'invite à prendre connaissance d'un phénomène étonnant : au fond de son wagon, se trouve un passage conduisant vers l'année 1958. Passé l'étonnement et l'émerveillement, le restaurateur lui explique le fonctionnement de ce qu'il appelle le "terrier" : chaque passage "remet à zéro" les modifications réalisées dans le passé, mais ces modifications restent valables tant que l'on ne revient pas en arrière... et chaque séjour dans le passé ne dure que deux minutes du présent. Il y a une raison pour laquelle il partage son secret avec Jake : lui-même est mourant... et il a décidé que son grand-oeuvre serait d'empêcher l'assassinat de Kennedy en 1963, dans l'espoir d'accoucher d'un monde meilleur ! Pour Jake, après la stupéfaction et la promesse faite à un ami, vient l'heure des doutes : modifier le passé est-il sans risques pour le présent ? Et pour lui-même ?
Le pitch de ce livre, détecté lors des dernières vacances, m'a tout de suite intéressé. J'aime l'Histoire, la grande comme la petite, et il faut reconnaître que la raison de l'assassinat de JFK en est l'une des grandes énigmes, comme par exemple les raisons précises de l'échec de la Conférence de Guayaquil. King ne développe ici aucune théorie conspirationniste et les amateurs de sensationnel devront passer leur chemin : en fait, il n'y a dans ce livre que très peu de SF, hormis l'argument initial et le développement ultime dans les vingt dernières pages. Tout au plus King se paye-t-il le culot de faire visiter à son personnage la ville de Derry, quelques mois après la conclusion de la première partie de Ça ! Car ce qui semble l'intéresser pour de vrai, dans ce livre, c'est une exploration quasi archéologique, et en tout cas nostalgique, de la fin des années 50 et du début des années 60. Les Etats-Unis, alors en pleine confrontation de la guerre froide, sont à peu près sortis des outrances du maccarthysme. Entre celles-ci et les tumultes des années 60, il existe donc une fenêtre de paix, à défaut de prospérité, pendant laquelle une société plutôt tranquille semble vivre un âge d'or où l'on peut voyager en avion sans passer aux rayons X, où la bouffe est sans additifs et où l'essence ne coûte rien : un passé mythique visité par Jake lors de son premier passage par le "terrier".

Pourtant, avec l'accumulation d'indices, le touriste temporel béat cède vite la place à un visiteur méfiant. Chaque époque a les défauts de ses qualités : il est plus facile de passer entre les mailles de l'administration étatique en 1958 mais en contrepartie les arrangements plus ou moins louches deviennent monnaie courante, et leurs conséquences peuvent être désastreuses. Gain/coût : voici la véritable équation à laquelle Jake va être confronté dans sa mission pour sauver JFK, une équation dont il ne va pas maîtriser tout de suite l'ensemble des paramètres. En partant de 1958 et en allant jusqu'à 1963, il va devoir sacrifier cinq ans du "présent" dans le "passé"... à condition de réussir au premier coup, ce que son ami découvreur du "terrier" n'a pas pu faire. Dans ces conditions, quel va être le "coût" du "gain" représenté par le sauvetage de JFK ? Et quel sera celui de son attachement pour Sadie, une jeune femme rencontrée au Texas dans les années 1960 ? Comme le dit souvent le personnage, "le passé est tenace" et il y a sans nul doute une raison derrière cette ténacité.

Le livre rencontre en effet une dimension supplémentaire à travers sa dernière partie. Par-delà le temps, Jake va comprendre que, parfois, certains drames - individuels ou communs - présentent un caractère de nécessité. La mission qui lui a été confiée par son ami - tuer l'assassin de Kennedy avant qu'il ne commette son forfait - n'est ni plus ni moins qu'une mission qui aurait pu lui être confiée par l'un ou l'autre des Eternels d'Isaac Asimov, et tout comme les Eternels, le découvreur du "terrier" se trompe quant aux prémisses de son raisonnement. Au contraire des apparences, King ne questionne pas la flèche du temps même s'il en pointe le mystère fondamental. A maints indices, éparpillés tout au long de l'oeuvre, on comprend qu'il existe un schéma d'ensemble, qui reflète bel et bien une vision du monde : pour Jake, la véritable grandeur, ça ne sera pas en fin de compte de réussir son intervention mais bel et bien de réussir à ne pas intervenir. A ne jamais intervenir. Une conception originale témoignant peut-être, chez King, de l'idée selon laquelle nous vivrions dans le meilleur des mondes possibles ? A moins que ce ne soit dans le "moins pire" de ceux qui nous soient accessibles ?

Pour une première lecture, c'est en tout cas une belle lecture, et je sélectionne ce livre pour le Prix des Blogueurs 2013.

samedi 13 avril 2013

Le Voleur quantique

L'ami Gromovar nous l'avait vendu, celui-là, et avec un bel enthousiasme, sous l'étiquette improbable d'oubliettepunk. Paru en français il y a quelques mois, c'est donc l'un des potentiels nominables pour le Prix des Blogueurs édition 2013. L'ami Stellaire l'a lu il y a quelques temps, et en est ressorti fort déçu de son propre aveu : voilà donc de quoi m'inciter à me faire ma propre opinion. Quod feci.
Résumé : 
Jean le Flambeur est un voleur. Enfermé dans une prison informatique où il vit et revit sans cesse le paradoxe du prisonnier, aux mains de gardiens IA, l'enfer est pour lui virtuel quelque part dans une partie du Système solaire contrôlée par une civilisation post-humaine. Un jour, pourtant, une guerrière venue du Nuage de Oort vient le tirer de sa prison : l'un des dieux du Sobornost a besoin de ses talents, sur Mars et pour être plus précis dans la ville nomade connue sous le nom de l'Oubliette. Or, Jean connaît bien l'Oubliette, une ville constituée sur les ruines du Royaume de Mars, une ville où une précédente incarnation de sa personnalité a laissé des souvenirs et peut-être des amis... une ville où chacun porte une "Montre" égrenant le temps de sa vie jusqu'à ce que vienne le moment de la réincarnation sous la forme d'un Silencieux. Quelles sont les intentions réelles des divinités post-humaines qui manipulent Jean et Mieli la guerrière ?
A lire ce livre, j'ai très vite pensé à la Trilogie de l'Âge d'Or de John C. Wright. On retrouve dans Le Voleur quantique cette idée d'une humanité améliorée, dont certaines branches tendent vers une (ou des) formes de post-humanité plus ou moins assumées, le tout dans une ambiance baroque. Ici, l'oeuvre tente à l'occasion quelques pointes d'humour absentes dans la trilogie de Wright mais néanmoins, l'inspiration m'a semblé tout de suite patente. On pense aussi aux Enfers virtuels de Iain M. Banks, bien sûr, à la description de la prison où pourrit Jean : de toute évidence, l'auteur finlandais de ce Voleur quantique est un connaisseur de la SF contemporaine (et en tout cas de l'anglophone) et ce n'est sans doute pas un hasard si Charles Stross lui-même salue en ce livre un excellent premier roman de SF.

Le contexte sur lequel est fondé Le Voleur quantique, et donc la trilogie qu'il ouvre, apparaît en effet très fouillé. Dans un futur mal défini, l'espèce humaine a exploré mais aussi colonisé les différentes régions de son système solaire d'origine. Des clans humains, ou post-humains, se sont établis à certains endroits plutôt qu'à d'autres, comme on le comprend à travers les interludes parfois obscurs qui séparent les chapitres de l'intrigue en tant que telle. Mars, en particulier, abrite une culture originale où le problème posé par l'immortalité a été résolu grâce à l'institution du Silence. Dans une ville aux oripeaux de l'anarchie la plus complète et la plus capitaliste, les Silencieux et l'ordre quasi-religieux qui organise le système garantissent que les vivants puissent vivre leur temps de vie - et de liberté - à leur guise. Une ville qui provient d'une Révolution dont les tumultes restent imprimés dans toutes les mémoires... mais qui dissimule un secret des plus sales. Autant dire que ni le schéma du livre, ni (encore moins) celui de la trilogie à venir n'apparaissent avec clarté, pas en tout cas avant les dernières pages.

Roman de toute évidence ambitieux, résultant d'un important travail de contextualisation, le Voleur quantique a le mérite de positionner la problématique de la post-humanité dans un contexte baroque et coloré, penchant parfois vers le clin-d'oeil appuyé à notre époque et parfois vers une forme de dystopie. Il en résulte un livre inclassable, à mi-chemin entre le délire potache et l'instantané photographique de la culture SF des '00ies. L'ensemble en ressort donc intrigant voire peu clair voire, peut-être, à la limite du décevant si ce n'est pas du foutage de gueule assumé : encore une fois, je ne suis pas étonné a posteriori par l'appréciation de Stross. Je serais donc bien en peine de dire si j'ai apprécié ce livre : s'il est clair que j'ai envie de savoir où l'auteur veut en venir (et rien que pour cela, le Voleur quantique mérite sa place dans ma liste pour le Prix des Blogueurs édition 2013), et si je reconnais à Rajaniemi une véritable capacité à construire un contexte cohérent, je pense que l'arc narratif de cette intrigue est trop serré, trop étriqué, pour me satisfaire. Il faudra, c'est évident, se pencher sur les suites : nous verrons !

mardi 2 avril 2013

Les Mystérieuses Cités d'Or tome 1

Comme pas mal de petits français (et autres...) nés à la fin des années 70 ou au début des année 80, ma vie télévisuelle - avant d'être réduite à peau de chagrin depuis un sevrage quasi complet depuis 1997 - a été bercée de dessins animés parmi lesquels figurent, en bonne place, Les Mystérieuses Cités d'Or : une série piochant avec assez bon goût dans des thèmes sortis de la fiction historique, la fantasy... et même la SF avec quelques réminiscences (à mon avis) de La Nuit des Temps de René Barjavel. Rare série animée dont j'aie vu la fin à l'époque, j'ai eu l'occasion de la redécouvrir au début des années 2000, à peu près au moment où des rumeurs ont commencé à se répandre sur le Net au sujet d'une éventuelle suite. Une dizaine d'années plus tard, alors que la suite est sur le point d'être diffusée à la télévision, voici qu'un projet de manga (publié dans le sens occidental, avec lecture de gauche à droite) vient à point nommé pour entretenir la flamme chez les fans de la première (ou de la deuxième) heure...
Résumé : 
En 1532, l'Espagne conquiert l'Amérique du Sud pour s'emparer des richesses du Pérou. Des nobles jusqu'au bas-peuple en passant par les soldats, la fièvre de l'or possède chaque espagnol et presque tous rêvent de s'embarquer pour partir vers le Nouveau-Monde... Esteban a douze ans et il vient de s'embarquer à bord de l'Esperanza, introduit en secret par le navigateur Mendoza, ancien compagnon de Magellan lors de son voyage autour du monde. Esteban ne s'intéresse pas à l'or : ce qui l'intrigue, lui, c'est le secret de ses origines, dont Mendoza possède une clé. Au cou de l'adolescent se trouve en effet un pendentif incomplet dont l'autre moitié se trouve aux mains du marin, qui la lui a dérobée lorsqu'il l'a sauvé en 1520 d'une tempête en plein océan Pacifique. Pour Esteban, le pendentif est un indice dans sa quête pour trouver son père, mais pour Mendoza, c'est un  moyen de trouver le chemin des villes en or qui, d'après la rumeur, se trouvent au Nouveau-Monde. A bord de l'Esperanza, Esteban n'est pas long à se lier d'amitié à Zia, jeune fille du peuple inca, emmenée jadis en captivité en Espagne, et ramenée au Nouveau-Monde : elle porte elle aussi un pendentif à l'emblème du Soleil et pourrait bien savoir elle aussi des choses pouvant amener Mendoza aux cités d'or. Mais la traversée jusqu'au Pérou promet de ne pas être de tout repos, d'autant plus que les supérieurs de Mendoza ont leur propre agenda...
Il s'avère bien difficile de ne parler de ce manga que pour ce qu'il est dans la mesure où l'adaptation est, à mon sens, très fidèle à la série animée. Je vais peut-être me faire lyncher par les puristes et c'est tant pis (ou tant mieux, j'envie le Traqueur Stellaire pour sa capacité à s'attirer les trolls les plus invraisemblables du Net), mais hormis l'emploi d'un procédé de flash-back au début de ce tome - permettant d'expédier l'ensemble du premier épisode de la série en quelques cases - l'intrigue du manga colle pour l'instant très bien à celle du dessin animé. On remarquera aussi, peut-être, un dessin mis aux goûts du jour (avec de vraies perles de transpiration au front des personnages qui se concentrent par exemple) mais ce n'est que du cosmétique. Et puis on est trente ans plus tard. Et puis les personnages, de toute façon, restent très bien reconnaissables.

C'était là, en fait, ce que j'attendais de cette série manga : une opportunité de repartir vers le Nouveau-Monde en compagnie d'Esteban mais cette fois-ci, sur un bateau - pardon, un support quelque peu différent, et si le manga ne possède pas la magie du dessin animé, il est clair que celui-ci dégage la sienne propre. Même si l'on sait où vont les personnages et ce qui va leur arriver, on se laisse volontiers tenir par la main jusqu'à la côte péruvienne puisque cet album se prolonge jusqu'à ce que le duo Esteban et Zia soit complété par l'irruption de l'inénarrable Tao : reste à voir si, entre un dessin honnête mais sans plus et une fidélité pointilleuse au scénario, ce manga aura les moyens de convaincre sur la durée...

lundi 1 avril 2013

La vidéo SF du mois - Avril 2013

En ce premier Avril, voici French Jedi : un court-métrage comique prenant le prétexte des accessoires les plus fameux de la série Star Wars pour revisiter une situation qui aurait pu sortir tout droit du cinéma muet de Max Linder. Et c'est pas un poisson.