dimanche 31 octobre 2010

La Brigade chimérique Livre VI

Il y a quelques mois, j'avais ouvert mon blog depuis pas très longtemps et je commençais à faire mes premiers pas dans la blogosphère... L'un de mes premiers blogopotes (ou du moins, je le considère comme tel) venait de publier un compte-rendu sur une BD très originale, au titre surprenant : La Brigade chimérique. Le sujet, une histoire de super-héros en Europe à la fin des années 1930, m'a semblé alléchant. Cela tombait bien, c'était pour moi la veille d'un jour de départ en vacances, voire même le jour du départ, et je prévoyais d'avoir un peu de temps à tuer à Paris entre deux trains... De quoi me procurer dans une librairie le premier tome de la série pour me lancer dedans. Je ne fus pas long, dans le TGV, à me dire que Guillaume le Traqueur Stellaire (le blogopote sus-cité), avait bien raison, parce qu'on tenait là aussi bien de la bonne BD que de l'excellente SF. J'en ai déjà parlé ici et . Il s'avère que la série, en se concluant, tient la plupart des promesses faites depuis le début, et je n'ai somme toute que peu de reproches à faire à ses créateurs...

Résumé :
George Spad, amante de Séverac, est à Varsovie pour tenter de sauver Tola, femme de l'un des physiciens de l'Institut du Radium. Mais les soldats-crâne de Mabuse sont déjà dans la place : la mission de sauvetage voulue par Spad aura beaucoup de peine à passer inaperçue. D'autant plus qu'un sujet d'expérience, rempli de haine à l'égard des Curie et du Nyctalope, n'a pas choisi un autre endroit pour se rematérialiser... Pendant ce temps, la Brigade chimérique fait un carnage avec l'armée des crânes à Métropolis. Le docteur Mabuse se terre dans son QG avec les autres membres de l'ancien "gang M". La Brigade chimérique est confiante : elle sait qu'en transformant Ahasvérus en Gregor Samsa, Mabuse s'est privé d'une part de lui-même et s'est de la sorte rendu mortel. Mais, à l'abri dans sa ville de Métropolis, le démoniaque maître hypnotiseur a-t-il joué toutes ses cartes ? Et s'il a été capable de corrompre le "gang M" pour exclure Ahasvérus de la totalité qu'ils constituaient jadis, n'est-il pas le seul sur Terre à pouvoir trouver un moyen de briser la Brigade chimérique ? Le jeu des alliances, en Europe, conduit le monde au désastre et les voix de la magie et de la superscience sont appelées à s'éteindre. La guerre sera-t-elle l'affaire des surhommes ? Ou bien celle des gens ordinaires ?
La série se conclut sur deux épisodes très puissants. L'avant-dernier me semble être le plus convaincant. La façon dont Mabuse remporte sa bataille à Métropolis me semble très bien vue : somme toute, les démocraties occidentales se sont elles aussi laissées corrompre et diviser par les machinations de l'ennemi alors qu'elles avaient pour elles à la fois la force et la légitimité, comme Sérum qui, en écoutant Mabuse, a fini par causer sa propre perte. Mais le ver n'était-il pas dans le fruit ? L'attitude du squelette lors des épisodes précédents m'était apparue parfois ambiguë. Tout comme celle de l'ours, par moments. Faiblesse constitutive de nos démocraties, qui peuvent basculer du jour au lendemain si l'on n'y prend pas garde...

Le dernier épisode est en fait un épilogue. La guerre sera une guerre conventionnelle. Les atrocités vont faire en sorte que la mémoire des surhommes va s'éteindre. Surtout s'ils se révèlent, en fin de compte, très humains dans leur médiocrité, comme le Nyctalope, qui est plus préoccupé par sa place dans l'Histoire que par la cause qu'il doit défendre... et par sa propre parole. Comment ne pas y voir une critique de l'attitude française entre 1936 et 1938, lorsque l'on laissa mourir à petit feu la République espagnole avant de découper en morceaux la Tchécoslovaquie ? Les apparitions de personnages de fiction (Superman, sans doute... Francis Blake et Bob Morane) viennent à point nommé pour nous faire nous rappeler qu'il s'agit d'une interprétation sans doute assez libre, mais je trouve néanmoins l'oeuvre très bien documentée. J'ai presque envie de dire qu'il s'agit d'une véritable leçon d'Histoire...

Seul regret : il y aurait là matière à écrire, et dessiner, plutôt douze albums que six. J'espère que d'autres oeuvres aussi originales que celles-ci vont paraître, au carrefour d'influences variées... Parce que c'est une véritable réussite. Bravo !

Lisez aussi l'avis de Efelle !
P.S. : premier article posté avec un alignement justifié du texte.
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samedi 30 octobre 2010

Le Royaume de Ga'Hoole, les Gardiens

Toujours poussé par mon goût pour les oeuvres à destination du jeune public, et profitant d'une occasion pour traîner avec une amie qui partage le même goût... Je suis donc parti à la découverte d'un film de fantasy animalière, tiré d'une série de livres pour enfants dont j'ignorais jusqu'à l'existence.

Résumé :
Dans ce monde étrange, les chouettes sont douées de raison. Certaines d'entre elles édifient des civilisations, les fameux royaumes des chouettes... D'autres préfèrent mener une vie paisible à la cime des arbres. Suren est un jeune mâle qui n'a pas encore pris son envol. Entre ses parents, son frère aîné Klugg, sa petite soeur Eglantine et la nourrice (un serpent rose) madame Pie, Suren coule des jours heureux. Il rêve souvent à la légende des Gardiens de l'arbre de Ga'Hoole, des combattants redoutables qui ont vaincu, jadis, les hordes maléfiques de Bec d'Acier. Klugg, quant à lui, veut surtout être le plus fort. Un jour, ou plutôt une nuit, leur univers bascule : Suren et Klugg tombent au sol, où ils sont capturés par les sbires d'une reine-chouette maléfique... Les deux frères seront séparés. Si Klugg ne désire rien de plus qu'entrer au service des Sang-Pur, un véritable clan de fanatiques dirigés par l'affreux Bec d'Acier, Suren de son côté, réduit en esclavage, n'aura de cesse de s'enfuir pour tenter d'avertir les fameux Gardiens de Ga'Hoole. Suren parviendra-t-il à sauver les royaumes des chouettes de la tyrannie de Bec d'Acier ?

Je dois dire qu'en dehors d'Avatar, c'est le premier film en 3D que je vois qui me convainc au point de me bluffer... Les images sont saisissantes de beauté ainsi que de poésie. Les vols de ces rapaces nocturnes, leurs combats (qui se font parfois en "bullet-time") et leur harnachement sont surprenants de naturel. Pas un seul être humain n'intervient dans ce film d'animation. L'ensemble contribue à ce que l'on accepte très vite les concepts plutôt simplissimes du film et que la magie "prend" aussitôt.

L'histoire est quant à elle plus classique. Le jeune héros progresse dans l'apprentissage puis le perfectionnement de ses capacités, en cela vite aidé par des alliés qui le soutiennent de leurs propres talents complémentaires. Une scène assez amusante montre le groupe en grande conversation avec un échidné prophète sur les bords, lequel introduit chacun des protagonistes en ses qualités, Suren étant désigné comme le leader, bien entendu. On se doute bien que l'histoire va compter son lot de trahisons (et le traître en chef se détecte plutôt vite, en fait dès sa première apparition). Certains concepts semblent laissés quelque peu dans le flou (c'est quoi, ce métal bizarre qui semble paralyser les chouettes ?) mais on suppose que c'est lié à l'adaptation de l'oeuvre écrite...

L'argument principal fait quant à lui sérieux même si un peu classique, aussi, voire déjà vu : d'un côté, le Mal incarné par une idéologie raciste, un chef brutal et tyrannique, des sbires cruels et vicieux, des traîtres... de l'autre côté, le Bien avec ses personnages cool, où tout le monde cherche à vivre en paix. On me dira que le jeune public est plus réceptif aux images en noir et blanc qu'aux nuances de gris. Je répondrai que le jeune public est tout à fait capable de gérer la nuance de gris (le personnage de Severus Rogue, dans la série des Harry Potter, en est un bel exemple), et que l'on ferait mieux de ne pas préjuger au rabais des capacités du jeune public. Et je trouve regrettable que le discours très légitime sur le respect de la différence, le droit au rêve et la tolérance comme support social semble quelque peu caricatural dans ce film. J'ignore ce qu'il en est dans le livre (sans doute y a-t-il là aussi son lot de simplification scénaristique...), mais cela n'est pas de nature à m'inciter à me pencher sur l'oeuvre écrite...

Le film se termine sur une ouverture quant à une suite possible. Que j'irai volontiers voir, ne serait-ce que pour le divertissement. Et dans l'espoir que, peut-être, les développements de l'histoire se feront en nuances de gris.
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Jeu-concours : "Futurs : capitalismes hallucinés", les gagnants !

Avis à tous : le jeu-concours en l'honneur des dix ans de la collection Folio SF est terminé. Nous avons donc deux gagnants : Lhisbei du RSF Blog et Guillaume le Traqueur Stellaire. Félicitations à eux. Leurs coordonnées vont être envoyées à nos mécènes pour que leur prix, à savoir un exemplaire du livre de Hal Duncan : Evadés de l'Enfer !, leur soit offert bientôt...

A bientôt pour un prochain concours !



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Récoltes

Entre hier et aujourd'hui, nouvelles récoltes pour la Grande Bibliothèque... A croire que la saison est revenue !

Récolte lyonnaise hier :
A l'honneur, et en tout premier lieu, Le Chant du Drille d'Ayerdhal, un auteur dont je vais tenter de pousser ma connaissance. Mytale m'avait beaucoup convaincu. Au passage, il faut que je reconnaisse que je suis de plus en plus séduit par les livres des éditions Au diable Vauvert. J'ai eu l'occasion de dire ailleurs que faire l'acquisition d'un Ailleurs et Demain c'était un acte militant, mais depuis quelques temps, je dois dire que je me sens un peu dépité par les choix littéraires qui sont faits par cette collection. Et aussi à cause des couvertures monstrueuses qui me font de plus en plus reculer (les illustrations incompréhensibles qui les polluent depuis quelques temps étant presque "moins pires" que les couvertures argentées qui agressent le regard depuis les rayonnages...). Tant qu'à payer une vingtaine d'euros le livre de SF de qualité, autant que ce soit dans un objet qui plaise à l'oeil. Voilà ce que j'appelle du militantisme. Et de nos jours, je trouve que l'acte militant se concrétise à merveille lorsque j'ajoute un livre estampillé Au diable Vauvert à ma bibliothèque. Fin de la digression.
Une BD, ensuite, la suite attendue de la série Le Grand Jeu déjà présentée ici. La critique va venir dans la foulée, demain, sans doute.









 Suite et fin de la série La Brigade Chimérique. Là aussi, la critique vient dans la foulée, mais c'est excellent, il faut le dire, d'ores et déjà.








Suite de la série jeune public CHERUB dont j'ai déjà parlé ici. J'ai produit les critiques des tomes un à quatre, j'ai déjà lu le tome cinq, mais je ne sais pas si je produirai les critiques correspondant aux tomes à venir. Cela se lit bien mais, tout de même, cela devient quelque peu répétitif.







Récolte valentinoise aujourd'hui :
Conquis par le numéro 58 de la revue Bifrost, déçu par le numéro 59, je dois dire que je considère le numéro 60 comme abordant un sujet glissant. Le vampire, ça fait bien vendre de nos jours (voir le sujet sur la "bit-lit" sur le forum du Planet-SF). Mon avis a priori est donc réservé, mais je ne demande qu'à être détrompé.






 Suite de la série CHERUB avec le tome sept. Ce truc se lit vite et a tendance à donner envie de continuer. Quel dommage que l'histoire ne se suive pas d'un tome à l'autre...
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mercredi 27 octobre 2010

Jeu-concours : "Futurs : capitalismes hallucinés", dernier départ...

Avis aux lecteurs : le jeu-concours de la Grande Bibliothèque s'approche de son terme ! Je dois en effet envoyer les noms des gagnants aux offreurs de cadeaux (faute d'un meilleur terme) le 30 Octobre. Il vous reste donc quelques jours pour tenter votre chance...

Les rétro-participations (c'est-à-dire, la possibilité d'adapter un ancien compte-rendu de lecture pour participer au concours) sont acceptées sans restriction. Le corpus qui vous est ouvert est le suivant :
  • Joan D. Vinge, Pluie de Rêves.
  • Richard Morgan, Carbone modifié.
  • Pierre Bordage, Wang tome 1.
  • Pierre Bordage, Wang tome 2.
  • Norman Spinrad, Les Années Fléaux.
  • Ivan Efremov, L'Heure du Taureau.
N'oubliez pas : le 30 Octobre, à 8 h, sera proclamée la liste définitive des gagnants... Si vous souhaitez remporter le Hal Duncan, il est encore temps ! Alors, dépêchez-vous... et n'oubliez pas de poster votre compte-rendu de lecture en réponse au premier des messages d'annonce du concours !

Bonnes lectures et... bonne chance !
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Une porte sur l'Eté

Dans le cadre du défi Robert Heinlein de Guillaume le Traqueur Stellaire, j'ai choisi de lire Une porte sur l'Eté, un roman assez court. Heinlein est un auteur que je connais assez peu bien que j'aie lu son Histoire des Temps Futurs il y a quelques années (parue en intégrale, sous coffret, tout à fait le genre de chose que je me dois d'avoir dans ma bibliothèque). Je dois dire, à ma grande honte, qu'à force d'entendre le Traqueur Stellaire parler de Heinlein, j'ai fini par lui demander (en toute ouverture d'esprit) de me suggérer quelque chose pour "commencer à lire cet auteur que je ne connais pas du tout". Et qu'il m'a proposé de me lancer dans l'Histoire des Temps Futurs. Ce n'est qu'alors que je me suis souvenu que je l'avais déjà lue depuis... disons, cinq ans au moins ? Façon de reconnaître que cela ne m'avait pas laissé une impression inoubliable. Ou alors que je l'avais lue trop vite, sans prendre le temps de la digérer... Mais dans tous les cas, cela méritait de s'y replonger, disons, au plus vite. Le défi sus-cité constituait donc un excellent prétexte que je ne pouvais pas manquer.

Résumé :
En 1970, la robotique commence à faire son entrée dans la vie quotidienne des Américains. Dan Davis est ingénieur, et l'inventeur du Robot Maison, l'accessoire révolutionnaire qui libère la femme d'intérieur des contraintes domestiques à une époque où tout le monde refuse d'être le domestique de quelqu'un d'autre. Seul ennui, son ami et associé de toujours, un homme d'affaires relevant plus du maquignon que du visionnaire, s'est acoquiné avec leur secrétaire/trésorière/intrigante/femme fatale pour le dépouiller de ses droits sur sa propre création. Désabusé, Dan décide de se plonger dans le long sommeil : la mise en hibernation pour une longue période, afin de prendre un nouveau départ en l'an 2000. Et il décide de partir accompagné par son ami le plus fidèle, Pete... à savoir son chat. Le départ ne se fait cependant pas tout à fait comme prévu. Arrivé en l'an 2000, Dan découvre un monde différent, où les lointains descendants de ses robots sont les fidèles assistants du labeur humain... Mais où est passée Ricky, la fille de son ex-associé, à qui Dan avait pourtant laissé un souvenir en 1970 ? Et pourquoi les brevets des premiers Robots Maison portent-ils son nom alors que ses aigrefins d'amis, par le passé, l'avaient manoeuvré pour qu'il ne lui reste rien ?
Ecrit en 1957, Une porte sur l'Eté ne constitue pas une anticipation très bien vue du demi-siècle alors à venir, et à présent écoulé. En 2010, et donc à fortiori en 2000 et surtout en 1970, il n'y avait pas de robots domestiques (même si j'ai pu voir sur le Net il y a peu la présentation d'un engin censé passer l'aspirateur tout seul), il n'est pas possible de mettre un quelqu'un en état d'hibernation et ne parlons même pas de la solution finale de l'énigme... Il s'agit en réalité presque d'une intrigue policière à ceci près qu'il n'y a pas de meurtre. Entre 1970 et 2000, des choses se sont produites qui ont permis à Dan de rétablir une situation fort compromise pour lui au départ. Mais lesquelles ? C'est à lui de le découvrir pour se garantir son happy-end final. L'intrigue est assez bien menée, on se laisse prendre au jeu de cet inventeur distrait qui se laisse duper par ses amis. Encore un à qui l'idéalisme joue de sales tours mais puisque l'auteur a bien voulu lui accorder une occasion de réparer ses gaffes... il aurait tort de s'en priver... Mis à part la fin, qui était quelque peu prévisible, c'est un roman qui se lit presque d'une traite. Pas désagréable mais pas indispensable, même si j'ai passé de bons moments avec.

A lire pour continuer la découverte d'un auteur qui a, il faut le reconnaître, assez mauvaise presse pour des raisons que je ne maîtrise pas tout à fait... Ou pour découvrir la SF si l'on y est réfractaire. En ce qui me concerne, je n'y ai pas trouvé assez d'éléments pour me faire un avis sur cet auteur. Et je pense que je me pencherai sur d'autres de ses oeuvres pour en savoir plus.
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mardi 26 octobre 2010

Zombillénium

Une BD que j'ai découverte grâce à un blogopote dont j'ai oublié le nom (qu'il se dénonce en place publique, merci...). Arthur de Pins est un bédéaste que j'ai connu par Fluide Glacial où il publie depuis quelques années une série drôlissime, Péchés mignons, où Arthur (son alter ego) est aux prises avec les arcanes sentimentalo-sexuelles d'une société moderne et en particulier avec la nymphomane femme à hommes Clara... Le dessin en est très original (personnages aux "gros yeux" mais du tout dans le style manga, couleurs acidulées qui font penser aux bonbons homadjectivés). Autant dire que mon flair infaillible m'a aussitôt signalé un "auteur à suivre"...

Chose qui se vérifie à travers ce Zombillénium que je dois présenter depuis un mois. Voire plus.

Résumé :
Aurélien est au bout du rouleau. Il vient d'apprendre que sa femme le trompe avec son professeur de tai-chi : dépité, il veut faire un casse au bar-tabac du coin... manque de pot, ça rate aussi pour une raison très surprenante. Et voilà qu'il se fait renverser par une voiture à la sortie de ce nouvel échec.

Lorsqu'il revient à lui, c'est pour découvrir plusieurs choses très étonnantes. La première, c'est qu'il est mort. La deuxième, c'est que l'un des occupants de la voiture qui l'a tué en le renversant est un vampire et qu'en le mordant, il l'a ramené la vie à l'état de vampire. La troisième, c'est qu'il est désormais un employé d'un parc d'attraction plus ou moins minable : Zombillénium. A Zombillénium, tout le personnel est constitué de monstres non-morts à des degrés plus ou moins divers : vampires, fantômes, loups-garous et autres morts-vivants... Qui se retrouvent à l'animation d'attractions débiles qui ne font plus peur à personne. Aurélien est d'autant plus mal tombé qu'un plan social est annoncé : or, un licenciement pour un monstre non-mort, cela signifie l'extinction définitive. Et il se trouve que personne n'en a envie.

Désaccords entre membres de la direction, jalousies de la part de membres du personnel qui voient en lui une étoile montante menaçante pour leur aura : la nouvelle vie d'Aurélien ne s'annonce pas de tout repos... Surtout si des personnes tout droit venues de son ancienne vie se présentent à l'entrée de Zombillénium...

Zombillénium a une seule chose en commun avec Péchés mignons : le nom de l'auteur sur la couverture ! En effet, le dessin, la façon de construire l'histoire et même l'humour sont différents, si bien qu'il s'agit plus d'une découverte que de retrouvailles... On reconnaît la "marque" de Pins mais celle-ci se trouve assez altérée pour que cet album ait un parfum de nouveauté... Ce qui mérite déjà un chapeau bas, en soi.

Sans vouloir trop en dire, le personnage d'Aurélien, paumé dans sa nouvelle vie comme dans l'ancienne, serait juste un ressort comique s'il n'était pas soutenu par Gretchen, une amie plutôt inattendue dont le jeu semble plus ou moins clair... Qui au juste est le héros dans cette histoire ? Il est bien difficile de le savoir pour le moment. Zombillénium est avant tout une BD marrante, au ton plutôt léger, mais je ne sais pas trop si l'on peut la ranger pour autant parmi les BD jeune public... A voir en fonction de la suite qui lui sera donnée...

Terminons par les clins d'oeil de culture contemporaine, en particulier aux Harry Potter, qui montrent que l'auteur a bien perçu que la magie, c'est bien, mais que ça ne garantit pas pour autant d'avoir ce qu'il faut pour mettre de la bouffe dans le chaudron... Ce qui rejoint par ailleurs les angoisses des membres du personnel du parc : exploités sans espoir de toucher une retraite, il faut le faire.

J'attends la suite !

P.S. : ne manquez pas de lire l'avis de Lelf !Share/BookmarkWikio Voter !

lundi 25 octobre 2010

FullMetal Alchemist tome 24

Le manga steampunk FullMetal Alchemist se poursuit dans un nouveau tome... qui sent la fin de série à tous points de vue.

Résumé :
Sur cette Terre parallèle, l'alchimie mathématique remplace les sciences qui nous sont familières. Selon le principe de l'échange équivalent, les alchimistes peuvent, à l'aide d'équations et de cercles de transmutation, conjurer des transformations spectaculaires. Quelques lois régissent l'alchimie, par exemple l'interdiction de produire de l'or, mais le plus grand crime serait encore de vouloir réaliser une transmutation humaine... pour tenter par exemple de rendre la vie à un mort. Les frères Elric, Edward et Alphonse, en savent quelque chose : en voulant rendre la vie à leur mère, ils ont eu à payer un prix effrayant. Edward a perdu un bras et une jambe... et Alphonse a désormais son âme piégée dans une armure.

A Central City, la situation devient de plus en plus confuse. Les troupes de Briggs sont en train de prendre le contrôle du palais présidentiel tandis que la faction gouvernementale corrompue, ébranlée par la disparition du Président King Bradley, subit en outre les coups de l'armée de soldats-cyclopes libérés dans les sous-sols... Là où Edward et ses amis tentent de rejoindre la cachette du mystérieux "Père", le créateur des homonculus. Van Hohenheim, le père des frères Elric, a de l'avance sur eux : il est déjà face au "Père". Pourquoi l'homme et la créature partagent-ils les mêmes traits ? Qui va sortir vainqueur de leur confrontation ?

Tandis que l'homonculus Sloth est enfin détruit par le Commandant Armstrong, soutenu par un vieil ami, coup de théâtre : King Bradley, qui n'est autre que l'homonculus Wrath, est de retour à Central City, bien décidé à écraser la rébellion. Mais il va s'apercevoir que tout se mérite... même pour lui...

Concentrés sur leurs combats, les héros ne risquent-ils pas d'oublier le plus important ? Que préparent le "Père" et ses alliés ? Qu'est-ce que ce fameux "sacrifice" qui ne cesse de se rapprocher ? Les habitants d'Amestris peuvent-ils être encore sauvés ?

L'auteure avait annoncé que le manga entrait dans son "dernier cycle". Il est vrai que dans ce tome, le sort de certains personnages majeurs semble fixé... Voilà déjà une raison de dire que "cela sent la fin de série". Depuis vingt-quatre tomes, les concepts sont maintenant bien rôdés : il n'y a rien de nouveau à découvrir ici et on n'attend donc aucun deus ex macchina dommageable à l'impression d'ensemble. Le fait que la plupart des personnages de la série soient appelés à la rescousse est aussi une indication, en soi.

En dehors de ces détails, on ne peut s'empêcher d'éprouver une impression d'étirement sur la longueur de l'action... Cela fait le deuxième tome où l'on n'assiste pour ainsi dire qu'à des combats qui s'enchaînent, ce qui ne manque pas d'intérêt mais finit par lasser. FullMetal Alchemist tournerait-il au jeu de massacre ? Les informations neuves apparaissent du coup presque perdues dans la chorégraphie des combats et c'est dommage, comme si l'auteure était un peu à court d'idées, au point de faire du "remplissage".

Bilan donc mitigé pour ce tome 24, et aussi à la réflexion pour le tome 23. Il serait dommage que la série tourne en eau de boudin... J'espère donc, pour le ou les tomes à venir, que nous assistions à une grande révélation !Share/BookmarkWikio Voter !

samedi 23 octobre 2010

Spirou et Fantasio tome 51

Spirou, c'est l'un de ces personnages de BD que tout le monde doit connaître au moins de nom. C'est comme Tintin : on peut aimer ou ne pas aimer, on peut avoir lu quelques albums, beaucoup, pas du tout, mais on n'a pas le droit de dire que l'on ne sait pas qui c'est. La loi devrait, en tout cas, l'interdire. Les magazines de Spirou et Tintin firent les premières heures de gloire de la BD franco-belge. Si Tintin n'eut son magazine qu'après la Seconde Guerre Mondiale, Spirou eut le sien dès les années 1930. La concurrence entre les deux fut parfois rude et l'on imagine assez mal, de nos jours, qu'il pouvait y avoir des "clans" pro-Spirou et pro-Tintin dans les cours de récréation des années 50 et 60. Avec le développement de la BD adulte, puis le décès de Hergé en 1983, le magazine Tintin a fini par disparaître. Il est vrai que, sans la participation de son personnage éponyme, le magazine Tintin était mal parti... Alors que Spirou, dans le même temps, ayant déjà été pris en charge par différentes générations de dessinateurs, n'eut aucun problème à gérer les transitions entre époques. Tout au plus le jeune lecteur un peu attentif pourrait s'étonner, en lisant les premiers albums, de n'y trouver aucune trace de la technologie moderne dont les albums les plus récents font leur bonheur. Mais il est vrai que le trait de Franquin, l'un des premiers dessinateurs de Spirou, dispose à la fois d'une douceur et d'une précision qui le rendent intemporel et à même de séduire n'importe quel lecteur. Je me souviens d'avoir lu Le repaire de la murène quand j'étais en Sixième, parce que mon père me l'avait offert pour une raison toute bête : il avait lui-même eu cet album entre les mains au moment de sa parution... lorsqu'il avait mon âge.

Spirou est en fait un personnage que j'ai découvert puis redécouvert sur le tard. J'étais plutôt dans Tintin quand j'étais petit. Depuis quelques années, je suis avec plaisir les nouvelles parutions de tomes de Spirou et Fantasio, dont une série de "hors-série" s'est montrée pour le moins innovante. L'album dont je vais vous parler à présent est toutefois un album inséré dans la ligne chronologique de l'histoire de la série.

Résumé :
Comme souvent, tout commence au fond du laboratoire du Comte de Champignac, qui se livre à une expérience anodine : la mise au point d'une recette de chocolat chaud à base de champignon. Mais voilà que Zorglub débarque, et le Comte d'ordinaire si prudent est piégé par la fameuse zorglonde, cette invention démoniaque grâce à laquelle son meilleur adversaire parvient à contrôler la volonté... Qu'est-ce que l'anti-sympathique et gaffeur Zorglub vient chercher dans le laboratoire du Comte ? Appelés à l'aide par ce dernier une quinzaine de jours plus tard, Spirou et Fantasio découvrent que le village de Champignac est encerclé par des militaires : une contamination biologique semble à l'oeuvre. Parvenant à forcer le barrage, les deux héros découvrent une nature devenue aberrante où l'évolution des espèces est accélérée, vérifiant au passage toutes les hypothèses de Darwin mais affolant les gens et surtout les autorités qui envisagent de nettoyer la région à coups d'armes nucléaires ! Spirou et Fantasio parviendront-ils à empêcher le bombardement ? Que manigance Zorglub ? Et le pire des dangers, ne viendra-t-il pas de cette nouvelle espèce insensible à la zorglonde apparue grâce à l'évolution accélérée ?

Pour un retour à la série habituelle, c'est un très bon compromis. On retrouve avec bonheur quelques personnages familiers (Spirou, Fantasio, le Comte et Zorglub) associés à des personnages moins centraux qui apparaissent en guest-star et à deux jeunes suédoises inconnues au bataillon, mais desquelles viendra une solution à la fin de l'album... Les gags sont dans l'ensemble très bien trouvés. Les connaisseurs pourront même retrouver des citations d'albums plus anciens, la découverte de la nature anormale autour de Champignac évoquant volontiers le début de l'album Le Prisonnier du Bouddha (qui a pas loin de cinquante sinon soixante ans, la vache). Quelques trouvailles, en vrac : le savon passé par Spirou à Champignac et Zorglub en fin d'album ; un Spip toujours plus râleur ; enfin et surtout le constat un peu désabusé de Spirou sur la méthode employée pour rendre à Champignac son apparence première... L'album se termine sur une question restée ouverte et laisse à penser qu'il y aura une suite, là encore, en faisant un clin d'oeil à un album plus ancien, Z comme Zorglub : la filiation avec les albums de Franquin est reconnue et même revendiquée, pour notre bonheur.

Comme quoi, le personnage de Spirou et son univers ont pu traverser les années sans se démoder mais sans perdre leur identité, grâce à l'enthousiasme des bédéastes qui l'ont pris en charge...
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mercredi 20 octobre 2010

Chroniques d'une prof qui en saigne

Si vous ne connaissez pas le blog de Princesse Soso, je vous recommande d'y courir de toute urgence histoire de réparer un gros, mais alors un gros trou de votre culture contemporaine. Qui est Princesse Soso ? Eh bien, c'est une collègue (je vous rappelle, ou je vous le dis si vous ne le saviez pas, que je suis un sale prof) qui enseigne l'anglais à des chers petits d'un Collège d'une ZEP rurale. Ou plutôt, qui "en saigne" comme elle aime à le dire. Parce que Princesse Soso, dans son blog, parle entre autres choses de ce qu'un enseignant peut vivre, au quotidien, avec des élèves très moyens en ce début de vingt-et-unième siècle. Et ce qui ne gâche rien, elle le fait à l'aide d'une langue que je qualifie volontiers de savoureuse... Princesse, si tu me lis, je te le jure, je n'ai pas dit ce à quoi tu as peut-être pensé.

Je suis un visiteur régulier du blog de Princesse Soso depuis quelques mois. J'ai passé pas mal de temps, cet Eté, à en explorer les archives. Parce que les élèves funky, c'est un éternel recommencement, et je veux bien croire que chaque nouvelle année scolaire apporte son lot de petites merveilles inimaginables, et imbuvables surtout, si abominables que l'on doit se dire à chaque fois que ça ne sera pas possible de faire pire... mais genre, à chaque fois, on se fait avoir. Sauf peut-être avec Séréna qui, faut-il le reconnaître, me semble avoir quelques centaines de longueurs d'avance.

Il se trouve que Princesse Soso attire pas mal de monde avec son blog. Les gens s'en passent l'adresse pour rigoler un bon coup et ils finissent par réfléchir à ce que ça veut dire, "en saigner" en ces temps de droite décomplexée où le tissu social s'effiloche jour par jour et où les élèves en prennent plein la gueule. En fait, Princesse Soso est assez connue, et bien en dehors de la confrérie enseignante. J'ai eu la surprise de m'en rendre compte : deux de mes contacts par Internet, qui n'ont rien à voir avec mon métier, sont eux aussi lecteurs de son blog. Du coup, une maison d'édition lui a proposé d'écrire un livre. Et pour notre bonheur, Princesse Soso a dit oui.

Le livre sort demain, mais aujourd'hui avait lieu une avant-première-dédicace à la FNAC des Champs-Elysés. Je ne pouvais d'autant moins rater ça que j'avais la possibilité matérielle d'y aller. Histoire de mettre un visage, mais surtout une voix (moi qui suis incapable de reconnaître les visages), sur le pseudo d'une personne marrante et pointue. C'est chose faite et je dispose à présent d'un exemplaire de son livre, que je chroniquerai dans les formes plus tard, quand je l'aurai terminé. Mais pour l'heure, j'ai envie de vous raconter un peu comment ça se passe, une dédicace de Princesse Soso.

Prologue : la dédicace a lieu de 16 h à 18 h. J'avais prévu depuis un moment d'aller à la piscine à Paris dans l'après-midi. Après une visite sur le site de la RATP, je me rends compte que mes horaires me permettront d'être sur les lieux vers 16 h 20. Pas de problème, l'opération démarre.

16 h 20 : j'arrive sur place. Je vois une file avec des gens qui ont le livre de Princesse Soso sous le bras (j'en reconnais la couverture, que j'ai mise en ouverture de ce message). Comme un gros nul je traverse tout le magasin, en me disant qu'on a dû installer l'auteur au fond. Je ne trouve personne et je m'adresse à un vendeur de CD pour lui demander où c'est. Il m'explique, mais je dois quand même redemander à un vigile à l'entrée du magasin pour savoir où c'est au juste près de l'entrée que se fait la dédicace. J'apprends que c'est au bout de la file que j'ai repérée à mon entrée du magasin. File qui s'est allongée de quelques personnes depuis. Je vais m'installer à la fin et je dégaine le livre que j'avais prévu pour la journée (Une porte sur l'Eté, de Robert Heinlein).

16 h 25 : mais où les autres ont-ils trouvé leur exemplaire du livre que je viens faire dédicacer ? Réponse : une gentille vendeuse les apporte aux gens qui ne l'ont pas encore. Je le prends et je commence à le feuilleter.

16 h 40 : la file s'allonge derrière moi. J'aime, dans ce genre de circonstances, me retourner pour voir les gens qui sont après. Par contre je trouve que cela n'avance pas bien vite.

16 h 45 : je tombe sur un compte-rendu minuté de journée (le voyage à Canterbury). Je décide de m'inspirer à peu près de cette présentation pour faire un billet sur mon blog.

17 h : le mal de dos arrive. Je commence à ressentir la fatigue des quarante-huit longueurs à la piscine.

17 h 05 : la file arrive à un tournant. J'ai eu mon premier aperçu de Princesse Soso. A peu près au même moment, des gens du magasin nous font passer des bonbons, qui nous sont offerts par l'auteur pour nous faire prendre patience. Merci !

17 h 20 : il n'y a plus que trois personnes devant moi. Certains prennent des photos de l'auteur. Une lectrice lui dégaine un journal gratuit avec, sur l'une des pages intérieures, l'affiche (?) d'un concert (?) de Christophe Maé (je sais à peine qui c'est). J'ai cru comprendre que Princesse Soso n'aime pas Christophe Maé. L'attention de la lectrice la fait cependant rire.

17 h 25 : certaines personnes achètent deux livres et les font dédicacer pour eux et pour quelqu'un d'autre. Princesse Soso écrit quelques mots sur la page interne du titre, une bafouille amusante avec un clin d'oeil parfois quelque peu coquin, écrite au feutre mauve. Mais même pas un "Hello kitty". Entretemps, un gars grille toute la file, mais c'est l'un de ses amis...

17 h 32 : c'est à mon tour. Je me présente : "moi c'est Arnaud, mais sur le Net, je signe Anudar... C'est moi qui vouvoie les élèves..." et voilà qu'elle me remet ! J'ai droit à ma dédicace, et je m'en vais en lui disant "merci, en espérant te revoir pour le tome 2 !"

Epilogue : je reprends le métro [j'ai découvert, au passage, pourquoi les parisiens croient que la France est Paris et Paris la France : il y a soixante millions de français dans ce pays, dont cinq cents milliards de parisiens. Je le sais, je les ai comptés sur la ligne 1 dans ma rame entre 17 h 45 et 18 h 05, ou entre Franklin Roosevelt et Chatelet. J'ai quand même bien dû les emm...bêter avec mon sac à dos bourré de mes affaires de piscine. Je m'en réjouis et j'en suis fier] puis le train. Un très bon moment même s'il fut un peu trop court. Je n'ose même pas vous dire ce que Princesse Soso m'a mis en dédicace parce que c'est trop perso, quoi. Merci chère collègue pour les moments de franche rigolade. Et j'espère que le succès va être au rendez-vous.

A bientôt pour le compte-rendu de lecture !

Lire aussi l'avis (très détaillé) d'Endea.
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samedi 9 octobre 2010

Noô

J'ai pu lire quelque part que Stefan Wul avait été décrit comme le "météore de la SF française". Connu pour un certain nombre de romans publiés dans les années cinquante, il était ensuite resté silencieux pendant de longues années jusqu'à la publication de Noô à la fin des années 1970, lequel est resté son dernier roman car Wul est décédé dans les années 2000 sans rien avoir écrit de nouveau dans l'intervalle...

On lui doit de magnifiques inventions d'univers. J'ai, comme les visiteurs réguliers de la Grande Bibliothèque le savent, une affection toute particulière pour son roman L'Orphelin de Perdide, adapté au cinéma par René Laloux sous le titre Les Maîtres du Temps. C'est un roman qui me semble emblématique du "premier Wul", celui des années 1950, où ses personnages visitent des mondes différents, fascinants et hostiles et se heurtent à des périls bien définis : animaux extraterrestres dangereux, intelligences étrangères menaçantes et médiocrité de l'âme humaine. Je me suis rendu compte que j'ai lu, somme toute, la plupart des romans du "premier Wul" au fil des ans sans plan bien défini. Comme pas mal de monde, j'ai lu Niourk au début de l'adolescence. Plus tard, j'ai lu L'Orphelin de Perdide et Oms en série (avant d'en voir l'adaptation par René Laloux sous le titre La Planète Sauvage). Enfin j'ai découvert La Peur géante et un recueil de nouvelles - dont le titre m'échappe - après le Lycée. J'en ai gardé la sensation d'univers intéressants mais somme toute parfois très semblables les uns aux autres. Quant aux intrigues, faut-il bien le reconnaître, j'ai déjà eu l'occasion de dire que le scénario des Maîtres du Temps me semble plus intéressant que la trame du livre que le dessin animé adapte...

C'est sans doute à ces impressions que je n'ai jamais fait l'effort de chercher Noô et de me plonger dedans. Sans compter le fait que ce livre a été, à ce que j'ai compris, assez peu disponible pendant des années.

Résumé :
Brice, à l'âge de douze ans, ne mène pas la vie ordinaire des petits français de son âge. Ses parents sont ethnologues et vivent en Amazonie où ils étudient des peuplades primitives. Brice partage l'enfance des amérindiens, baigne dans leur culture et leurs mythes. Il a même subi l'initiation rituelle aux côtés de ses amis, avec un courage impressionnant.

Tout bascule le jour où les parents de Brice disparaissent dans un accident d'avion. Alors que les adultes lui disent qu'il n'y a pas d'espoir à garder, devant la perspective d'avoir à quitter l'Amazonie pour rejoindre la France où l'attendent une famille et une vie inconnues, le refus le pousse à s'enfuir dans la forêt vierge, dans l'espoir fou de découvrir ce qui s'est passé. La faim, puis la capture par des tribus inconnues l'affaiblissent. Atteint de graves maladies tropicales, plongé dans un état semi-conscient, il se rend à peine compte qu'un homme l'a recueilli pour l'emmener avec lui...

Lorsqu'il revient à lui, guéri, c'est pour s'apercevoir que son mystérieux bienfaiteur, un certain Jouve Deméril, l'a emmené loin, très loin de l'Amazonie. Jadis, une race extraterrestre mystérieuse, les Fâvd, a mis en place des engins spatiaux qui voyagent de monde en monde sans pilote. L'espèce humaine, utilisant ces engins par le passé, a pu ainsi coloniser un système stellaire lointain où la planète Soror occupe une position centrale... Jouve Deméril, exilé jadis sur Terre par le pouvoir politique de Soror, a décidé de sauver Brice en l'emmenant avec lui. Mais c'est un voyage sans retour car les vaisseaux des Fâvd tombent en panne les uns après les autres : Brice apprend qu'il ne pourra plus jamais revenir sur Terre.

La tristesse d'avoir quitté son monde familier disparaît assez vite lorsque Brice découvre les merveilles de la civilisation de Soror. Ce sont tout d'abord des peuples humains et non-humains qui défient l'imagination. C'est aussi Grand'Croix, la capitale de Soror, où Jouve Deméril et Brice, devenu son fils adoptif, vont s'installer pour de nombreuses années. C'est encore le génie de Jouve, qui travaille à mettre au point une nouvelle science politique. Mais c'est surtout le noôzome, cette substance mystérieuse capable de parasiter les pensées de l'être humain.

Brice mène une adolescence à peu près normale sur Soror. Mais tout bascule quand le gouvernement, inquiet des idées de Jouve Deméril, tente un coup de force, contraignant Jouve et Brice à fuir Grand'Croix et à rejoindre la rébellion armée sur un autre continent. Jouve pourra-t-il mener ses travaux à bien ? Brice survivra-t-il aux dangers inconnus de Soror et de son système stellaire immense ? Et quel est le lien entre les Fâvd et le noôzome ?

Voilà un livre que j'ai trouvé déroutant. Stefan Wul parvient à nous abreuver d'une multitude de détails faisant mériter à Noô le rang de livre-univers. Dans le même temps, certaines questions restent sans réponse bien définie. Le livre, raconté à la première personne, prend le parti de nous faire voir le monde par les yeux de Brice. Un monde qui lui est, pour la majeure partie, bien peu compréhensible. L'absence de réponses devient gênante, sur la fin, et l'on est tenté de se dire que le contrat "n'est pas rempli" - mais au fond, l'histoire qui nous est racontée, jusqu'à quel point est-elle réelle ? Jusqu'à quel point n'est-elle pas la divagation d'un fou ? Il n'y a aucune réponse définitive sur ce point.

Un autre point qui pourrait paraître gênant est encore l'accélération du temps au fil du livre. La découverte de Soror et de Grand'Croix occupe la moitié, sinon les deux tiers du volume, et représente au plus trois ou quatre ans de la vie de Brice. Le reste recouvre la période de lutte armée puis la découverte par Brice des autres mondes du système de Soror. On pourrait garder l'impression que l'auteur a "bâclé" la fin de son livre. Il n'en est rien. La fin des aventures de Brice correspond à son âge adulte et j'ai envie de voir dans l'étirement du temps sur le début de Noô l'effet de ce que j'appelle volontiers "l'éternité de l'enfance". Souvenez-vous que le temps est une notion très subjective, et si une heure ne dure rien pour vous maintenant, rappelez-vous à quel point c'était long "avant"... Dans ses voyages, Brice va quitter le monde de l'enfance, grâce à la confrontation à un univers hostile. En ce sens, Noô est un roman picaresque et j'ai envie de le comparer au Lazarillo de Tormès qu'il me faudra relire et présenter un jour prochain.

Noô est un roman très atypique, se lisant sans peine mais laissant très perplexe. Il me faudra sans doute le relire un jour histoire de mieux le comprendre. Mais d'ores et déjà, je peux le dire : il existe un "second Wul".
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vendredi 1 octobre 2010

La vidéo SF du mois - Octobre 2010

Le mois de Septembre a été très (trop) calme sur mon blog. Effet "rentrée" associé à un rhinovirus qui m'a pourri une semaine voire même dix jours. Alors, histoire de me faire pardonner mais aussi de rigoler un bon coup, voici une petite vidéo qui démontre que l'on peut vivre en pleine SF au quotidien...

Réalisé sans trucage. Pour ceux qui voudraient en savoir plus, il existe une version "longue" : renseignez-vous sur la "Soucoupe et le Perroquet"...



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