samedi 31 juillet 2010

Henderson's Boys, tome 1 : L'Evasion

Découvert grâce à Télérama (encore), voici un livre "pour le jeune public", le premier d'une série. Robert Muchamore est un écrivain anglais dont le filon, semble-t-il, est le "jeune public" rétif à la lecture. A ce qu'il paraît, les tomes de la série CHERUB (pas lu, je verrai à terme si cela vaut le coup de s'y intéresser) s'arrachent et je suis même surpris de ne pas en avoir entendu parler auparavant. Muchamore s'intéresse à des personnages d'enfants mis dans des situations à la fois "réalistes" et fort complexes. Ainsi, la série CHERUB s'intéresse à une organisation britannique d'espionnage constituée d'agents dont l'âge s'échelonne entre dix et dix-sept ans... Voilà quelque chose de fort peu "politically correct" même si, je n'en doute pas, les barbouzes qui pullulent dans les sphères hautes ou basses du "renseignement" n'en seraient pas à cela près, la raison d'Etat n'étant pas morte. Et puis un enfant-espion qui mène une double vie, tout de même, c'est quand même un tout petit peu plus propre qu'un enfant-soldat ma bonne dame, hein ? La série Henderson's Boys est une sorte de préquelle pour CHERUB et peut donc se lire d'une façon tout à fait indépendante. En tout cas, c'est ce que moi j'ai fait.

Résumé :
Juin 1940. La Bataille de France a très mal tourné pour les Alliés. Le corps expéditionnaire britannique a réembarqué à Dunkerque et l'armée française est en miettes. Les panzer déferlent sur le Nord de la France en direction de Paris, pendant que d'interminables colonnes de réfugiés obstruent toutes les routes vers le Sud, décuplant le chaos. Certaines personnes tentent encore de mener une vie à peu près normale. Marc Kilgour a douze ans et l'orphelinat de la région de Beauvais où il vit depuis toujours le fait travailler dans une ferme. A Paris, Rosie Clarke (treize ans) et son frère Paul (onze ans) sont nés d'un couple franco-britannique. Leurs vies vont se croiser du fait de la guerre. Une dispute d'enfants, une raclée plus sévère que les autres et le crash d'un stuka conduisent Marc à s'enfuir de l'orphelinat, en quête d'une vie meilleure : Paris va être sa première destination. De leur côté, Rosie et Paul doivent quitter leur école anglaise sous la conduite de leur père qui fait preuve d'une étrange agitation : il a subtilisé les plans d'une invention révolutionnaire sur laquelle l'Allemagne nazie veut mettre la main. La cinquième colonne allemande est à l'affût des agents britanniques ayant reçu pour mission de rester en arrière, en France destinée à rester occupée. Il n'en reste plus qu'un : Charles Henderson. Ayant perdu leur père, tué à Tours pendant l'exode, les enfants Clarke vont chercher à joindre Henderson pour lui transmettre les plans. Le hasard voudra que Marc entre en contact avec le même Henderson au cours de sa mission et lui vienne en aide... L'espion et l'orphelin en fuite pourront-ils rejoindre Rosie et Paul à temps ?
Pour le coup, il s'agit d'un roman pour le jeune public assez atypique. C'est violent, comme on peut s'y attendre pour une histoire se déroulant à cette époque. Les morts cruelles et "injustes" sont légion, illustrant bien la fragilité des vies humaines et aussi le gâchis que représentent les guerres. Plus dérangeant sans doute, le traitement qui est infligé à Marc par différents personnages, le directeur de l'orphelinat et l'un des officiers de la Gestapo. Sans doute est-il bon que le jeune public sache que le monde adulte recèle des sadiques et que la torture, hélas, est une réalité, mais je ne suis pas certain qu'il soit judicieux de la révéler d'une façon si explicite. Surtout dans la mesure où pas mal de jeunes lecteurs disposent de fortes capacités d'identification au personnage. A côté de ça, certains traits d'humour peut-être trop "gamins" me semblent regrettables.

L'histoire se déroule vite, très vite, et on dévore le bouquin en quelques heures (attaqué ce matin, fini tout à l'heure). Bien que l'intrigue fasse un peu décousue par moments, je me suis laissé prendre par le tonus de la narration. C'est donc un bon bouquin à lire par exemple un Dimanche après-midi plutôt que de comater devant Drucker chez mamie. Par contre, évitez de le laisser traîner à la portée de votre petit frère avant de l'avoir lu et de vous être fait votre propre idée. Sait-on jamais.

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Le dernier maître de l'Air : Le Livre de l'Eau

Il y a bien des années de cela, dans ma folle et inflexible jeunesse, j'ai décidé pour des raisons tout à fait arbitraires que j'étais trop vieux pour apprécier les dessins animés. En particulier, toutes les séries américaines ou japonaises qui avaient jusqu'alors fait mes délices... Je n'ai plus regardé alors de dessins animés qu'avec, on va dire, un certain plaisir coupable et régressif. Et puis un jour, à la faveur d'une conversation des années après, j'ai investi, presque sur un coup de tête, dans l'intégrale des Mystérieuses Cités d'Or. Révélation. D'abord c'était bien, pour de vrai, me démontrant que tout compte fait je n'avais pas eu que des goûts de chiottes. Ensuite je me rendais compte que cela pouvait se lire à plusieurs niveaux d'un oeil critique. J'ai donc recommencé à m'intéresser à l'animation.

Plusieurs années plus tard, au détour d'une page de Télérama, je suis tombé sur la page de la semaine des juniors où l'image d'un personnage à la tête marquée d'une grosse flèche bleue a vite attiré mon attention. Le synopsis m'a aiguillé sur une série jeune public toute récente et, dès que j'ai pu en regarder le premier épisode, j'ai tout de suite accroché avec Avatar : le dernier maître de l'Air, au point d'essayer d'attirer l'attention de pas mal de mes interlocuteurs dessus... Autant dire que, lorsque la série a touché à sa fin, j'ai été content d'apprendre qu'un film était dans les tuyaux. Film confié qui plus est à M. Night Shyalaman dont le travail sur Sixième Sens m'avait plutôt emballé. En quelques mots, c'était une adaptation que j'étais impatient de découvrir.

Résumé :
Le monde est partagé entre quatre peuples dont chacun correspond à l'un des quatre éléments. Chacune des quatre civilisations se caractérise par un art martial traditionnel permettant à ses maîtres de disposer d'une maîtrise de leur élément de prédilection : ainsi, les maîtres du Feu, dotés de pyrokynésie, sont-ils capables de projeter à distance de véritables gerbes de flammes. L'équilibre entre les éléments est assuré par un personnage unique, l'Avatar, qui est le seul à être capable de maîtriser les quatre... Un cycle de réincarnation assure qu'à son décès, l'Avatar revient parmi un autre peuple et devra de nouveau apprendre à maîtriser les quatre éléments dans un ordre bien défini, correspondant à celui du cycle des saisons. Mais un jour, quelque chose tourne mal : l'Avatar, qui devait apparaître parmi les Nomades de l'Air, disparaît. Cent ans plus tard, la Nation du Feu est en train de gagner la guerre qui l'oppose aux autres peuples. Les maîtres du Feu ont exterminé les Nomades de l'Air en cherchant à éliminer l'Avatar qui risquait de contrecarrer leurs désirs d'hégémonie. Libres de leurs mouvements, ils ont ensuite répandu le chaos partout. Ce qu'ils ne savent pas, c'est que l'Avatar leur a échappé. Aang est un garçon de douze ans qui, bouleversé d'apprendre que son destin était celui de l'Avatar, a préféré prendre la fuite : perdu dans une tempête, plongé dans l'océan, il n'a dû sa survie qu'à ses pouvoirs qui l'ont plongé en hibernation. Découvert au début de l'histoire par deux adolescents de la Tribu de l'Eau du pôle Sud, Katara et Sokka, il va devoir s'adapter à un monde différent, où la seule nouvelle de son retour signifie l'espoir pour ceux qui souffrent de la guerre. Mais la Nation du Feu n'a pas encore joué toutes ses cartes. Et Zuko, le prince héritier du trône du Seigneur du Feu, banni par son père, pense pouvoir reconquérir son droit de retour s'il capture l'Avatar... Aang va-t-il parvenir à lui échapper ? Va-t-il enfin accepter son destin ?
Une fois n'est pas coutume, je vais commencer par ce qui m'a déplu dans ce film. D'abord sur le fond : il s'agit là de l'adaptation de la première saison du dessin animé. En d'autres termes, en une heure quarante, on compresse une histoire qui durait vingt épisodes de vingt minutes chacun à peu de choses près. Autant dire que l'on retrouve sa dose de raccourcis scénaristiques dont certains laissent perplexes : M. Night Shyalaman a-t-il regardé la série animée ? La réponse étant oui (à ce qu'il paraît, il n'en ratait pas un épisode avec ses propres enfants), on croit comprendre que le cinéaste n'a pas su faire un découpage intelligent du fil narratif, ne gardant que des "morceaux de bravoure" qui ne permettent pas de saisir l'évolution du personnage de Aang, et bâclant celle-ci dans une scène finale qui sonne faux, mais faux...

Mais parlons d'Aang, qui est un héros à la fois complexe et attachant dans la série animée. Il y est un enfant qui dissimule mal ses inquiétudes face à son avenir d'Avatar derrière un masque de bonne humeur et d'espièglerie, qu'il est rare de ne pas voir sourire, ce qui donne aux moments où il se montre sérieux ou en colère une saveur très appréciable. Dans le film, le rôle a été confié à un acteur semble-t-il débutant, choisi pour son entraînement aux arts martiaux (ce qui n'est pas inutile, sans doute, compte-tenu du rôle) mais à qui on n'a pas fait jouer le jeu de Aang. On se retrouve du coup avec un gamin qui tire une tronche de dix pieds de long tout au long du film, donnant ainsi l'impression d'être constipé ou de s'emmerder comme Anudar devant une retransmission télévisée d'un match de tennis. C'est en soi déjà un contresens, mais cela va plus loin, parce que cela lui confère un charisme digne d'une bestiole se situant, sur l'échelle de l'évolution, quelque part entre l'annélide et le mollusque (quoique plus proche de l'annélide, quand même). Parmi les trois autres acteurs principaux, je ne m'étendrai pas sur les deux qui jouent Katara et Sokka (on ne tire pas sur les ambulances) et il n'y a que Dev Patel (vu dans Slumdog Millionaire) qui tire un peu son épingle du jeu. Encore qu'il soit, là encore, somme toute assez peu utilisé.

Je vais clore enfin le chapitre des ratés monumentaux avec la forme. Le doublage est calamiteux. Les intonations des personnages résonnent faux. La voix de Katara donne envie de lui infliger une mort lente et pénible. Quant à la 3D, qui vaut tout de même son surcoût de quatre euros (trois si vous avez gardé les lunettes achetées pour voir l'autre Avatar, celui de Cameron), on la cherche une bonne partie du film et il n'est pas certain qu'elle apporte quelque chose. A part quelques euros de plus dans les poches des capitalistes de l'entreprise du divertissement.

Le dernier maître de l'Air est-il donc un film à fuir ? Eh bien, malgré tout le pas bon dont je viens de faire mon miel, je dirais que non. Après en avoir lu des critiques désastreuses, il faut bien dire que je n'y allais pas l'esprit ouvert. Soyons clairs, ce film n'est pas bon. Mais il n'est pas mauvais pour autant. Ce qui est assez considérable compte-tenu de ses défauts si énormes. D'abord, parce que ce film semble assumer son statut d'oeuvre mineure. Ensuite parce que deux ou trois scènes de chorégraphie d'arts martiaux m'ont semblé pas trop mal foutues et qu'on se laisse prendre un peu à la magie de la maîtrise des éléments. Même s'il manque le tonus du dessin animé. En fin de compte, on se dit à la fin que l'on ira voir les suites qui s'annoncent : preuve sans doute que le film a pu toucher malgré tous ses ratés. Chose qu'il convient de noter.
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mardi 27 juillet 2010

Analog numéro de Juin 2010

Le rattrapage du retard se poursuit et même s'accélère, puisque c'est ce matin que j'ai reçu le numéro de Juillet/Août d'Analog Science-Fiction and Fact, alors que j'étais en train de terminer la lecture des fictions du numéro précédent.

Au menu du mois de Mai 2010 :
  • Trois novelettes. The Anunnaki Legacy (Bond Elam), une histoire dans un décor de space-opera où une ancienne race extraterrestre, qui semble s'être déjà illustrée dans un passé reculé sur Terre, a laissé d'autres traces sur une planète assez hostile, soulevant l'intérêt de scientifiques mais gênant de la sorte les opérations d'une industrie : assez intéressant mais un peu faible par moments. Space aliens taught my dog to knit ! (Jerry Oltion & Elton Elliott), avec une "invasion" extraterrestre, un gouvernement complice, une conspiration et des gadgets : marrant mais peu convaincant. Connections (Kyke Kirkland), où le gouvernement est aux mains d'une dictature confondant la modération avec la médiocrité, ce qui n'empêche pas l'emploi de la plus haute technologie pour maintenir le système : efficace et glaçant.
  • Quatre short stories. Heist (Tracy Canfield), où un brave homme se fait piéger sur Internet par des escrocs qui ne sont autres que des IA souhaitant assurer leur préservation : intéressant. At last the Sun (Richard Foss) vous conduit dans le Golfe du Mexique où une pollution conduit des formes de vie très surprenantes à remonter à la surface : bien vu, assez fascinant, et surtout presque... contemporain. A time for heroes (Edward M. Lerner), histoire où un testeur de jeux vidéo finit par se demander s'il n'est pas piégé dans la réalité virtuelle : quelconque. Cargo (Michael F. Flynn) va vous inciter à vous pencher sur l'histoire des "cultes du cargo" pour bien comprendre l'allusion du titre de cette histoire se passant au cours d'un "Moyen-Âge" : fort intéressant.
  • Une probability zero : Light conversation (Alastair Mayer), véritable bijou d'humour.
  • Un science fact portant sur une question de linguistique : Der Mann, die Frau, das Kind, que je n'ai pas lu.
  • Dans les reader's department, je signalerai une Alternate view de Jeffery D. Kooistra. Je ne sais pas qui est ce type, mais il a l'air de surtout taper dans cette rubrique et son principal centre d'intérêt semble être le "climatoscepticisme". J'en avais déjà parlé dans le compte-rendu de lecture du numéro d'Avril 2010 où je m'étais contenté d'être dubitatif à l'égard de son article. Maintenant et en plus, il m'agace.
Un numéro où je retiendrai surtout Connections, At last the Sun, Cargo et Light conversation. Bonne lecture !
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lundi 26 juillet 2010

Le Prince de l'Espace

Pour ma deuxième participation au Summer StarWars, j'ai continué à lire l'anthologie The Space Opera Renaissance, qui se poursuit par un space-opera très ancien aussi, Le Prince de l'Espace (The Prince of Space) de Jack Williamson. Le titre n'est pas sans évoquer (ainsi que Gromovar me l'a fait remarquer) le fameux Actarus, prince d'Euphor dans la série animée Goldorak. Le Prince de l'Espace est une nouvelle plus longue que Les voleurs d'étoiles et c'est aussi une histoire plus récente car elle date de 1931. Ce qui ne l'empêche pas de poser des questions très actuelles...

Résumé :
Au XXIIème siècle, la banlieue proche de la Terre est explorée par des nefs solaires. La Lune est colonisée. Une expédition s'est rendue sur Mars quelques années plus tôt mais s'est perdue et ne donne plus de nouvelles. Les précieuses nefs solaires, pour se déplacer dans l'espace, utilisent un métal très rare, le vitalium, présent aussi à l'état de traces dans les vitamines des cellules vivantes. Hélas, c'est une ressource très convoitée : un homme, le mystérieux "Prince de l'Espace", pille les cargos qui le transportent. Un jour, une cargaison est volée, si bien que tous accusent le Prince d'un nouvel acte de piraterie. Pourtant, le fait que l'équipage et les passagers n'aient pas survécu à l'assaut intrigue, car le Prince n'a jamais agi en tueur ; d'autant plus que les cadavres ne contiennent plus une seule goutte de sang... La Patrouille Lunaire reçoit l'ordre de mettre fin aux agissements du Prince. Mais le monde ne se trompe-t-il pas d'ennemi, alors que les télescopes de la Tour Trainor, braqués sur la planète Mars, découvrent les traces d'une activité aussi étrange qu'inquiétante ?

Tout comme Les voleurs d'étoiles, cette histoire accuse un peu son âge. Les libertés prises avec le contenu scientifique sont assez nombreuses (l'atmosphère de Mars est ici respirable par des êtres humains, les nefs solaires se déplacent à une vitesse sans doute peu réaliste, le fameux vitalium sert d'élément clé aussi bien aux moteurs qu'à l'arme ultime et les armes nucléaires des habitants de Mars sont peu vraisemblables) mais encore une fois, n'oublions pas qu'il ne s'agissait pas de littérature d'anticipation...

A la lecture il s'avère que des points communs assez nombreux semblent exister entre cette nouvelle et la série Goldorak. Le Prince de l'Espace (le personnage) est soutenu par un scientifique terrien. Il dissimule pendant la majeure partie de l'histoire ses sentiments pour une jeune femme (en l'occurrence, la fille du Docteur Trainor) avant de réaliser l'importance qu'elle a pour lui et pour ses projets. En face, les ennemis extraterrestres sont cruels, déterminés, différents et répugnants, si bien qu'aucune cohabitation n'est possible entre eux et l'espèce humaine : l'alternative, pour les héros de l'histoire, est donc l'esclavage (pour eux) ou l'extermination (des habitants de Mars). Voilà une morale binaire qui est bien plus affirmée que dans Les voleurs d'étoiles, ce qui n'est pas sans me déranger quelque peu.

Le Prince de l'Espace contient cependant quelques bonnes idées. Je citerai tout d'abord, et bien entendu, la fameuse Cité de l'Espace, le repaire du Prince, une station spatiale dissimulée dans la banlieue terrestre, véritable base de repli mais bien plus que cela en même temps puisque l'auteur prend soin de la décrire, et donc de la penser, comme un écosystème complet (comme quoi, la SF parlait déjà d'écologie plus de trente ans avant Dune). Quant à la sagesse des personnages, qui décident à la fin de la nouvelle de faire disparaître l'arme terrible grâce à laquelle ils ont pu éliminer la menace, craignant que l'espèce humaine en fasse un mauvais usage, elle m'apparaît très intéressante. Surtout dans un monde qui n'avait pas encore connu, à l'époque, la menace des armes nucléaires.
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dimanche 25 juillet 2010

Dossier A tome 4 : L'Île de Yuriwaka

Après le tome 3 qui revenait en quelque sorte aux "sources" du mythe de l'Atlantide (en Grèce et à Santorin), les héros de Dossier A reviennent au Japon où de nouveaux indices vont apparaître là où ils ne les attendent pas...

Résumé :
Iriya et Yuli sont revenus au Japon où ils pensent trouver un abri assez sûr contre la bande d'assassins qui les a pourchassés auparavant. Cependant, leur quête de l'Atlantide ne devient pas plus reposante... Un individu mystérieux, Hans Demer, qu'Iriya prend d'abord pour un tueur de l'organisation du "Vieux de la montagne", se révèle en fait un garde du corps autrichien chargé de veiller sur Yuli. Pendant ce temps, trois des mécènes contactés par le père de Yuli se démasquent les uns devant les autres. L'un d'entre eux, possédant des artefacts mystérieux, décide alors d'entrer en contact direct avec Iriya. Celui-ci découvre une histoire japonaise mythique, celle du samouraï Yuriwaka, qui partage nombre de ressemblances avec L'Odyssée... Or, il semblerait que certains passages de l'épopée homérique aient disparu de l'histoire telle qu'elle est racontée en Occident. Le mythe de l'Atlantide y serait-il évoqué ? La clé de l'énigme se trouverait-elle dans l'histoire de Yuriwaka ?
La suite du manga d'aventures archéologiques est moins trépidante que le tome précédent. Il n'y a que peu de scènes d'action et les personnages, dans l'ensemble, ne font face à aucun péril très menaçant, au contraire de ce qui se produisait dans les épisodes un, deux et trois. Faut-il y voir un épisode permettant au lecteur de reprendre son souffle suite à un début sur les chapeaux de roues, et favorisant un retour à des menaces plus lourdes pour les épisodes à venir ? La fin de ce tome 4 le laisse à penser.

On retrouve à nouveau ici une alternance entre la quête principale et des quêtes annexes où interviennent des personnages secondaires voire à usage unique. L'intervention d'un ancien restaurateur, qui permet à l'un des mécènes de la quête atlante de se rendre compte qu'Iriya est bel et bien l'archéologue qu'il lui faut, ne manque pas d'intérêt mais s'avère peut-être un peu longue sur la durée, surtout pour un personnage qui, à ce que l'on devine, est appelé à disparaître de l'histoire. C'est avec un certain bonheur que l'on voit revenir Rui, l'enfant surdoué, dont les soucis familiaux semblent devenir une quête annexe dans l'intrigue. L'implication plus ou moins volontaire d'Iriya dans la vie familiale de Rui va l'amener à se faire un nouvel ennemi, sans doute très puissant... et très décidé à faire preuve de sa capacité de nuisance.

La série Dossier A se poursuit donc en gardant son intérêt. On a envie de lire le tome 5 une fois terminé le tome 4 et c'est encore le plus important pour le succès de la série. Néanmoins, on apprécierait de voir l'intrigue s'accélérer peut-être un peu. Il n'y a somme toute aucune découverte majeure de faite dans cet épisode, et l'indice qui semblait lier les Amazones à l'Atlantide n'est pas plus exploré alors qu'il faisait un peu office de points de suspension à la fin du tome 3. Le risque semble donc apparaître de voir les auteurs se disperser peu à peu dans un magma où tous les mythes de la Méditerranée antique seraient appelés à la rescousse de la quête atlante d'Iriya, sans pour autant permettre sa résolution. Espérons que les auteurs sauront éviter cet écueil.
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samedi 24 juillet 2010

Star Wars Infinities - Le Retour du Jedi

Suite à une bonne crise de flemmingite aiguë peut-être bien mâtinée par le syndrôme dépressif enseignant du début des vacances, je me rends compte que cela fait deux bonnes semaines que je n'ai rien publié. Enfin, disons plutôt que cela fait dix jours que je me rends compte que je n'ai rien publié depuis début Juillet... Baisse de régime dans la rédaction du blog, et moindre présence dans la blogosphère : sans doute faut-il y voir aussi l'effet de la saison et des chaleurs écrasantes qui ont régné en Ardèche jusqu'à ces derniers jours. Je ne suis pourtant pas resté tout à fait inefficace et j'ai plusieurs critiques à produire suite à des lectures. Afin de démarrer plus tranquille, j'ai décidé de commencer par cette BD "uchronique" se déroulant dans l'univers de Star Wars... Les tomes de la série Star Wars Infinities est ce que les amateurs de comics appellent, si j'ai bien compris, un "what if ?" : et si certains événements du fil narratif ne s'étaient pas déroulés comme prévu ? Chacun des trois tomes de la série Star Wars Infinities reprend ainsi une hypothèse différente et raconte une histoire quelque peu modifiée des trois épisodes originels de la saga. Chaque tome est donc indépendant des deux autres et je n'ai lu que le troisième qui m'a semblé le plus intéressant. Il est fondé sur l'hypothèse selon laquelle le sauvetage de Han Solo des griffes de Jabba le Hutt aurait pu mal tourner...
Han Solo, prisonnier de son bloc de carbonite, est devenu un véritable objet de décoration pour le palais de Jabba. Leia, déguisée en chasseur de primes, amène Chewbacca au gangster. Celui-ci, furieux de la tournure que prennent les négociations concernant la prime, assène un coup à C3PO qui, endommagé, n'est plus en mesure de réaliser la traduction. Leia se trouve alors forcée de retirer son masque : elle pense contraindre le Hutt à faire ce qu'elle désire en révélant son détonateur thermique. Mais Jabba ne l'entend pas de cette oreille et c'est une véritable bataille rangée qui éclate soudain. Entre Boba Fett qui emporte le bloc de Han (endommagé par un tir de Leia) et le détonateur qui égrène son compte à rebours, la mission de sauvetage tourne à la catastrophe. Le palais de Jabba est détruit, avec son propriétaire et le malheureux C3PO. Leia, Luke, Lando et Chewbacca sont impuissants à récupérer Han des mains de Fett. Dans leurs tentatives désespérées de retrouver la trace du Mandalorien, ils perdent un temps précieux pendant lequel l'état de Yoda se dégrade sur Dagobah... Luke arrivera-t-il à temps pour entendre la révélation des derniers secrets du vieux maître Jedi ? Question d'autant plus pressante que l'Empereur a lui-même perçu dans la Force l'épuisement de son ennemi et envoie Dark Vador dans le système de Dagobah...
Disons-le tout de suite, cette BD n'a rien d'un chef-d'oeuvre. Il est parfois difficile d'apprivoiser le dessin, mais c'est peut-être l'effet d'un style comics qui me serait encore étranger. L'histoire fait quelque peu "survolée", mais il faut peut-être y voir l'effet d'un "contrat de quatre-vingt-douze pages". On y trouve assez peu l'humour traditionnel de la série. Le divertissement est néanmoins bien présent, malgré ces quelques défauts assez lourds à mon sens, avec de l'action qui ne cesse pour ainsi dire pas du début jusqu'à la fin (peut-être même un peu trop d'action par rapport aux quelques moments de réflexion).

Un album qui est donc acceptable à lire, intéressant pour les inconditionnels comme pour ceux qui se contentent d'apprécier l'univers Star Wars, et qui vaut peut-être le détour pour la petite surprise finale que je ne dévoilerai pas...
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mardi 6 juillet 2010

Utopiales 2009 : Anthologie officielle

Ces derniers jours, j'ai lu en alternance l'anthologie officielle des Utopiales 2009 avec d'autres livres... Cette anthologie est organisée autour de la question "des mondes meilleurs ?" et il s'avère que, dans la plupart des cas, les mondes qui nous sont présentés n'ont rien de meilleur. Ou en tout cas, rien de meilleur à mon sens à moi.

Au menu :
  • Une préface de Ugo Bellagamba : réel/virtuel, liberté/hypocrysie. Un discours bien conduit, convaincant, rappelant bien le rôle de la SF dans l'avancement d'une réflexion quant au monde qui nous entoure. Le rôle de l'imagination, du rêve, est central dès lors qu'il s'agit de critiquer ce qui nous paraît trop "évident".
  • Robert Charles Wilson, Les Perséides. Un astronome amateur fait la rencontre d'une jeune femme entourée d'une bande d'amis plutôt spéciaux, dont l'un d'entre eux estime qu'après avoir investi la biosphère, l'évolution va se mettre à coloniser ce qu'il appelle la "gnososphère", c'est-à-dire, l'espace commun où l'être humain pense et définit ses mythes. Il n'y a rien à faire, je n'accroche pas avec Wilson et ses fantasmes de transcendance.
  • Catherine Dufour, Un temps chaud et lourd comme une paire de seins. Le titre surprend mais accompagne assez bien cette histoire d'un monde où, dans un futur proche, les femmes semblent renverser le schéma millénaire de la violence que les hommes leur infligent. Haine aveugle, crimes sexuels et cynisme à la clé. Une nouvelle qui se lit très bien et que j'ai trouvée très intéressante.
  • Walter Jon Williams, Elvis le Rouge. Et si Elvis Presley avait eu un engagement politique au Parti Communiste ? Ignorant tout de la vie (réelle ou en partie mythique) du chanteur américain, je serais bien en peine de repérer les clins d'oeil qui, je n'en doute pas, émaillent toute cette nouvelle. Intéressante mais sans plus, même si elle se finit sur une pirouette. Elle est suivie d'une postface de l'auteur.
  • Pierre Bordage, De ma prison... Le monologue d'un "prisonnier" qui disserte sur les prisons de l'esprit que sont les idéologies, les religions, les rituels, et en fait la pensée en elle-même ! Le propos de l'auteur m'a quelque peu échappé, je dois bien le reconnaître...
  • Stephen Baxter, George et la comète. Un matin, Phil se réveille cinq milliards d'années après notre époque. Le Soleil est en phase d'expansion. Un compagnon d'infortune, George, lui révèle le fruit de ses réflexions : des extraterrestres inconnus, les Bâtisseurs, ont conçu un planétoïde en orbite autour du Soleil pour leur servir de territoire, et les ont clonés sous forme de singes possédant des caractéristiques de lémuriens. J'ai trouvé cette nouvelle excellente.
  • Jean-Philippe Jaworski, Préquelle. Le roi des Roxolans veut une épée magique pour changer le monde. Alors, il demande au vieux forgeron de lui en fabriquer une. Mais d'après l'artisan, une épée magique ne suffira pas : seule une épée sacrée pourra changer le monde. Le roi pourra-t-il conduire jusqu'au bout son rêve d'unification de la Cimmérie ? Une nouvelle fort intéressante, dont le titre se justifie à la fin.
L'anthologie n'est pas mauvaise dans l'ensemble, mais certaines nouvelles sont moins entraînantes que d'autres. Et la problématique centrale ne m'est pas toujours apparue d'une façon très claire à la lecture de ces nouvelles... Voilà qui est dommage.

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dimanche 4 juillet 2010

Les voleurs d'étoiles

Edmond Hamilton est présenté comme l'un des inventeurs du space-opera. Pour ma première participation au Summer StarWars lancé par Lhisbei du RSF Blog, je me suis dit que j'aurais pu choisir pire. Néanmoins, si j'ai lu cette nouvelle, et si j'en fais le compte-rendu, c'est surtout parce qu'elle figure dans une anthologie anglophone, The Space Opera Renaissance (éditée par David G. Hartwell et Kathryn Cramer), que je me propose de lire et de présenter au fil de l'Eté... Pour être tout à fait honnête, je dois préciser que cette anthologie est en souffrance dans ma pile de livres depuis Avril 2009. Et que le Summer StarWars tombe bien pour m'inciter à me lancer dedans. Les voleurs d'étoiles (The Star Stealers) est la nouvelle, datant de 1929, ouvrant l'anthologie...

Résumé :
Dans un lointain futur, les huit planètes du Système Solaire ont été colonisées. L'espèce humaine fait partie de la Fédération Stellaire. La flotte de la Fédération protège les vaisseaux commerciaux de toutes les races intelligentes contre les assauts des pirates. Ran Rarak, originaire du Système Solaire, commande l'un de ces vaisseaux de bataille lorsqu'un ordre inhabituel lui est transmis : son vaisseau doit rentrer sur Neptune le plus vite possible. Une menace pèse en effet sur le Système Solaire et donc sur l'espèce humaine : une étoile sombre, venue de l'espace intergalactique, est sur une trajectoire qui va la conduire à entraîner avec elle hors de la Galaxie le Soleil et toutes ses planètes... Le Bureau de la Connaissance Astronomique souhaite envoyer une mission pour enquêter ainsi qu'intervenir avant qu'il ne soit trop tard. Le vaisseau de Ran Rarak devra diriger une flottille chargée de conduire les investigations. Mais une fois sur place, les vaisseaux du Système Solaire découvrent que l'étoile sombre est le siège d'une civilisation à la fois très puissante et très hostile...
Alors ça c'est du bon space-opera bien rétro comme je l'aime ! On trouve de tout là-dedans. Quelques noms d'étoiles lâchés plus ou moins au hasard. Le vaisseau qui accélère et vole à plusieurs milliers de fois la vitesse de la lumière. L'étoile sombre qui se déplace à une vitesse non précisée. Les extraterrestres ennemis, noirs et avec des tentacules bien entendu. Sans compter les notions d'astronomie et de planétologie approximatives (Neptune qui a subi la terraformation). Mais que c'est bon ! Edmond Hamilton se paye même le luxe d'introduire un personnage féminin qui ne fait pas trop potiche (puisque c'est l'une de celles qui survit à la captivité). J'ignore si cette nouvelle a été traduite en français mais il faut s'y jeter dessus à la première occasion, parce qu'elle représente très bien le genre tel qu'il a été popularisé il y a maintenant pas moins de quatre-vingts ans...

Quelques critiques, malgré tout, parce qu'il en faut : mis à part les invraisemblances scientifiques (lesquelles n'en étaient peut-être pas, ou alors pas si évidentes, à l'époque où la nouvelle a été rédigée), la situation très peu enviable des personnages prisonniers sur l'étoile sombre est résolue grâce à deux événements qui font un peu deus ex macchina. L'un des extraterrestres commet l'erreur de laisser un objet à la portée des captifs (alors qu'ils étaient soumis à une garde sévère jusqu'alors) leur permettant de s'évader. Après quoi, lorsque tout espoir semble perdu, la flotte de la Fédération arrive pile au bon moment, avertie par le seul vaisseau de la flottille qui ait pu s'échapper de la première bataille... Petits défauts, sans doute, qui confèrent à la nouvelle un aspect rétro d'autant plus marqué. J'espère que le reste de l'anthologie sera bien à la hauteur.
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samedi 3 juillet 2010

Voyageur, Passé 2

La publication de la série Voyageur se poursuit avec le deuxième tome du cycle Passé (voir ici pour le premier tome). Cette fois-ci, les auteurs nous emmènent à Paris (c'est habituel dans cette série) entre Juin et Juillet 1940. Ce qui donne tout son sens à la couverture...

Résumé :
Fin Juin 1940 : l'armée allemande a fait son entrée dans Paris et une occupation longue de plus de quatre ans commence pour la capitale. Les exécutants les plus zélés de l'ordre nazi, les SS, arrivent eux aussi sur place, se dissimulant pour le moment sous le masque du badinage et la propagande. De son côté, Fish a débarqué de l'année 1166 quelques semaines plus tôt. Il est sans nouvelles de Lou et, fatigué par ses récents échecs, remet en question son projet de changer le cours de l'Histoire du monde. Et si, tout compte fait, il n'était pas sage de vouloir empêcher la catastrophe écologique au XXIème siècle ? La rencontre avec une jeune parisienne semble l'apaiser pour un moment. Mais il retombe assez vite dans sa colère et sa folie. En utilisant ses dons, il va épouvanter l'armée allemande en commençant une campagne de terreur. Ce qu'il ne sait pas, c'est que Lou est arrivé deux ans avant lui. Qu'il a endossé l'identité d'un SS. Et qu'il est l'un des responsables de la sécurité personnelle de Hitler. L'enquête criminelle et la visite que le dictateur va faire à Paris vont précipiter les retrouvailles des deux frères, poignantes et tragiques...

L'épisode qui nous est livré constitue un genre de renouveau dans la série. Jusqu'à présent Fish apparaissait comme un personnage très négatif, antithétique de Lou, drapé de vertus telles que le calme, la réflexion et surtout la capacité à l'empathie et à l'attachement sentimental. On observe ici une forme de renversement de point de vue. D'abord parce que Fish est celui des deux personnages principaux sur lequel l'intrigue s'attarde le plus. Ensuite parce que cette fois-ci, c'est à son tour de construire un attachement avec un personnage de l'époque visitée. Enfin parce que Lou, quant à lui, rejoint les rangs des SS et s'y coule sans aucune difficulté, malgré la répugnance que lui inspirent les SS et leurs exactions. En fin de compte, le questionnement final interroge d'une façon plutôt pertinente le sens de l'Histoire : que ferions-nous si nous avions la capacité d'empêcher les calamités du passé ? Choisirions-nous d'intervenir, au risque d'en générer de nouvelles peut-être pires ? Ou bien laisserions-nous faire en estimant que la souffrance peut servir de méthode d'éducation ? Chacun des deux frères personnifie en fin de compte les deux démarches. La folie de Fish est-elle un moyen de suggérer que le simple fait de vouloir faire le choix d'empêcher les calamités de se produire est, en soi, un véritable ubris ?

La réponse à cette question, qui se pose soudain d'une façon presque oppressante à la fin de l'album, viendra sans doute dans les prochains albums. Parce que la série touche à sa fin. Il ne manque plus que les deux derniers tomes du cycle Passé, lesquels seront suivis par l'épisode final Oméga. Cela signifie que les mystères évoqués dans le cycle Futur trouveront bientôt leur explication, ou du moins, on peut l'espérer. Le cycle Passé, qui segmente l'histoire entre différentes époques, ne permet pas la construction d'une intrigue aussi poussée que les deux précédents cycles, et chaque album semble donc très autonome dans la série. C'est une chose que je trouve regrettable, mais cet album-ci m'a semblé déjà plus convaincant que le précédent... J'attendrai donc la suite avec impatience !
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jeudi 1 juillet 2010

La vidéo SF du mois - Juillet 2010

Cette fois-ci, pour le premier Juillet 2010, mois de l'Eté pour tout le monde ainsi que des vacances scolaires pour les élèves (et leurs enseignants), j'ai décidé de faire d'une pierre deux coups et de vous emmener voir un extrait d'un film de SF pour le jeune public (air de vacances) et qui se passe au moment du mois de Juillet...

Flight of the Navigator (Le Vol du Navigateur) est un film américain datant de 1986. A ma connaissance, il n'a jamais été diffusé en France (c'est en tout cas ce qu'il me semble avoir vu sur IMdB.) Je ne l'ai donc pas vu avant d'avoir atteint l'âge adulte, et c'est une chose que je regrette à titre rétrospectif, car je suis certain que j'aurais beaucoup aimé voir ce film quand j'étais petit...
David est un garçon de douze ans à la tête d'un certain nombre de problèmes insurmontables. Son chien est rétif à toute forme de dressage, il ne sait pas comment faire pour parler aux filles et son petit frère est insupportable. Mais le soir du quatre Juillet 1978, sa vie est bouleversée. Alors que sa mère l'a envoyé chercher son frère chez des voisins, il fait une chute dans un ravin. Lorsqu'il revient à lui et qu'il rentre à la maison, voilà qu'il découvre que sa famille n'y habite plus... Et lorsque la police parvient à localiser ses parents, il s'avère que ce qui a duré quelques minutes d'évanouissement pour David, pour le reste du monde, a duré pas moins de huit ans ! Pourquoi David n'a-t-il pas vieilli ? Que lui est-il arrivé dans ce ravin ? Pourquoi sa mémoire semble-t-elle restituer (à travers les ordinateurs de l'hôpital qui plus est) des informations qu'il n'a jamais pu apprendre ? Et pourquoi les chercheurs de la NASA se montrent-ils soudain si intéressés par son cas ?
Il doit être clair que ce film n'est pas le meilleur film de SF de l'histoire du cinéma. D'abord, c'est un Disney, ce qui signifie qu'il contient sa dose de bons sentiments et d'humour parfois un peu convenu. Mais néanmoins, il y a de très bons moments de SF là-dedans. Et en particulier, la scène presque sans paroles, qui dure une dizaine de minutes, où David va enfin progresser dans la compréhension de ce qui lui est arrivé. Une scène intense, presque inquiétante et pourtant poétique où la magie de la SF fonctionne à plein.

Contexte : David est à présent retenu contre son gré dans le complexe de la NASA, qui ne semble s'intéresser qu'aux informations étranges enregistrées dans son cerveau. Mais un beau matin, voilà qu'une voix mystérieuse l'appelle, lui demande de la rejoindre, et détourne un robot-livreur du complexe pour qu'il puisse s'évader...

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